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L’intelligence a chamboulé la pratique et le rapport à la photo. Lui qui a beaucoup travaillé avec une agence immobilière, il constate que l’intelligence artificielle permet de se passer d’un professionnel en corrigeant le manque de compétences. « Il y a pas mal de métier où ça devient compliqué comme les graphistes et les photographes de paysages. Mais je pense qu’on ne pourra jamais se passer d’un photographe de concert car c’est un événement qui se passe en direct et on capture l’instant », analyse Sébastien Nagy.

Retoucher n’est pas tromper ?

Une fois la photo prise, elle passe par la case retouche. C’est « indispensable » pour Sébastien Nagy. « C’est ce qui donnera un style en ajoutant des contrastes pour que la photo soit plus froide ou plus chaude, en recadrant pour mettre l’accent sur un détail plus précis… », argumente-t-il. « Je vais toujours un petit peu plus loin. J’utilise Photoshop. Il m’arrive d’effacer certains éléments parce que je trouve que ce sont des éléments perturbateurs : la tête d’un fan sur le côté, un élément du décor qui n’est pas comme il faudrait. Ce n’est pas fausser la photo car je n’intègre pas un élément inexistant à la photo pour la rendre plus belle. Je laisse une scène authentique mais j’essaie d’embellir ça à ma façon. »

Même si ça échappe à l’œil des néophytes et amateurs, les professionnels identifient une bonne photo et ce qui ne va pas. « Avec l’avènement du smartphone, beaucoup se sont dit photographes. Les nouveaux smartphones intègrent parfois de l’IA et font des miracles : rendre une photo floue nette alors qu’ils n’ont pas su faire les bons réglages. Mais tu peux avoir le meilleur appareil photo ou le meilleur téléphone, si tu n’as pas l’œil et la vision tu n’auras pas une bonne photo. J’ai presque envie de dire que ça ne s’apprend pas. Les plus grands photographes que je connais ont toujours été autodidactes. C’est un ressenti que tu as quand tu sens que tu vois les choses un peu différemment », explique-t-il. « Si ça fait rire, faire ressentir un sentiment aux gens qui regardent ta photo, c’est le plus important. »

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Au niveau de l’équipement, l’appareil photo reste son outil de travail. Il a recouru au drone essentiellement pour les photos de paysage car obtenir une autorisation pour survoler une foule ou un stade est très compliqué. Néanmoins, c’est sa photo du public des Ardentes vu d’en haut en 2023 qui a marqué un tournant dans sa carrière. « Tous les médias américains ont partagé cette photo de la foule pendant le concert de Travis Scott. La semaine d’après, j’étais à Ibiza pour un travail avec des artistes parce qu’ils avaient vu la photo », se souvient-il. « Si on poste juste les photos sur les réseaux sociaux, en ligne ou les imprimer en taille standard, pas besoin d’un appareil photo qui coûte des milliers d’euros. »