En 2025, notre journaliste a marché à travers l’Europe, du Portugal à la Belgique, passant notamment par des voies de pèlerinages comme les chemins de Compostelle. Elle décrypte cet été différents visages de ces itinéraires plus fréquentés que jamais.
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J’essaie de fermer l’œil. Deux hommes ronflent, à quelques mètres de distance, comme si leurs vibrations sonores cherchaient à se battre en duel. Dans la pièce, un fumet de chaussettes mouillées et de transpiration achève de peindre ce cauchemar éveillé. J’enfouis ma tête dans l’oreiller. La journée a été pluvieuse et avouons que trois douches – dont une qui toussote – pour une quarantaine de personnes, c’est un peu maigre. L’apprentissage des nuits courtes et de la vie en collectif se poursuit.
Il faut dire qu’en Espagne, ce cliché de la vie en gîtes se confirme souvent: les chemins de Compostelle, et surtout le Camino francés, font tourner l’économie locale des régions qu’ils traversent. Si les alberghe municipales ouvrent leurs portes pour des sommes dérisoires, d’autres acteurs privés s’en donnent à cœur joie pour creuser davantage les porte-monnaies tout en offrant un confort et une hygiène spartiates. Heureusement, ce n’est pas le cas partout et il existe une multitude de façons de se loger en chemin, dont certaines surprennent par leur fonctionnement externe au circuit économique traditionnel.