Il est 9h30 quand nous nous présentons devant un immense portail, perdu au fond d’une rue étroite du nord d’Aubagne. Derrière, le vaste domaine de la Font de Mai s’étire au pied des collines provençales. Ici maraîchers, apiculteurs et éleveurs s’y partagent les terres appartenant désormais à la Métropole, dans un décor où la nature semble avoir repris ses droits. Au loin, le Garlaban veille, massif et silencieux, comme un vieux gardien de pierre.
Puis apparaissent les sept compagnons de François Jean. Réglisse, Nelson, Safran, Merlin, Gaïa, Hercule et Gamin. Sept ânes, sept tempéraments, et surtout sept paires d’oreilles qui s’agitent à notre arrivée. Elles se dressent, pivotent, m’observent. Elles ont compris que nous étions des étrangers. Ici, avant de partir en balade, il faut d’abord se faire accepter.
« Merlin, le malin ou l’arnaqueur »
François Jean les connaît par cœur. Éducateur spécialisé de formation, il vit avec eux depuis douze ans. Douze années à apprendre leur langage, leurs humeurs, leurs silences. « On se côtoie tous les jours de 6h à 19h, c’est devenu des membres de la famille », confie le Manceau d’origine, lunettes de soleil sur le nez. Alors qu’un soleil brûlant…