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A-t-il jamais existé sur terre un régime qui aurait fait des femmes le pire ennemi de la nation, obsédé par l’urgence de leur ôter le moindre droit, de leur dénier toute liberté, de les brimer, de les cloîtrer, de les humilier, de leur interdire toute initiative, y compris de rêver et de s’instruire, de voyager seules ou d’accomplir des choses aussi simples que choisir leurs vêtements, déambuler dans un parc, chantonner dans la rue, rire sur un balcon, réciter de la poésie ou sentir le vent courir dans leurs cheveux?
A-t-il jamais existé dans l’histoire un régime qui aurait déclaré la guerre… à la moitié de sa population? Pas à des inconnus, à des gens venus d’ailleurs, ou par trop différents à cause de leur culture, de leur mystère et de leurs mœurs singulières. Non. La guerre à leurs mères, leurs sœurs, leurs épouses et leurs filles, tantes, cousines, voisines. La guerre à leurs semblables, mais du genre opposé. La guerre aux femmes. Genre mineur. Genre sulfureux. Méprisable. Corvéable. Punissable à souhait – «Nous fouetterons les femmes en public. Nous lapiderons les femmes en public», prévenait à la radio le chef suprême des talibans, Haibatullah Akhundzada, le 24 mars 2024, pour châtier l’adultère. Réduit au statut d’esclave, propriété de ses seigneurs et maîtres: le père ou le mari; le père puis le mari.