Le champion chinois de la robotique Unitree est entré en bourse le 19 août dernier. Le titre de la société basée à Hangzhou (est) s’échangeait à 845 yuans (101 francs) à la clôture des opérations, soit 460,34% de gain ou plus de cinq fois plus que sa valeur d’introduction (150,8 yuans, 18 francs). Il avait ouvert à +629% sur le marché dédié aux technologies de la Bourse de Shanghai.
« Le message est clair: l’IA incarnée est devenue le nouvel objet de désir », a commenté l’analyste Stephen Innes sur Substack. Il parle de « nouvelle frontière spéculative chinoise ». Les débuts boursiers de Unitree « ne signifient pas que les robots sont prêts à envahir les chaînes de production. Ils nous disent seulement que les investisseurs se disputent déjà les places », selon Stephen Innes.
Les entreprises chinoises ont une longueur d’avance
Dans un secteur en plein essor mondial, les entreprises de robotique chinoises ont pris une longueur d’avance. Les machines d’Unitree sont devenues le symbole du développement de cette industrie en Chine, soutenue par les politiques gouvernementales et de solides chaînes d’approvisionnement.
Le gouvernement chinois a fait de la robotique un secteur stratégique. Il affirme que plus de 140 entreprises chinoises ont déjà lancé l’année dernières plus de 330 modèles de robots humanoïdes.
Méfiance et rivalité
Mais les avancées chinoises suscitent la méfiance, en particulier des Etats-Unis, dans un contexte de rivalité stratégique exacerbée. Unitree fait partie des entreprises chinoises que le Pentagone a ajoutées en juin à la liste des entités considérées comme des « compagnies militaires chinoises » opérant directement ou indirectement aux Etats-Unis.
Les Etats-Unis ont en outre interdit en juillet au nom de la sécurité nationale les importations de robots humanoïdes fabriqués à l’étranger, une mesure qui touche principalement les entreprises chinoises.