Les sorties d’albums ne riment pas toujours avec bonne nouvelle. Lorsque Drake, Harry Styles ou Taylor Swift dévoilent de nouveaux titres, le nombre d’accidents de la route mortels augmente. C’est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de Harvard et du National Bureau of Economic Research, publiée dans JAMA Network Open.
L’étude porte sur dix albums majeurs sortis entre 2017 et 2022, dont Midnights de Taylor Swift, Scorpion de Drake, Harry’s House de Harry Styles mais aussi Un Verano Sin Ti de Bad Bunny ou Mr Morale and the Big Steppers du rappeur Kendrick Lamar. Les chercheurs ont comparé les nombres de décès survenus le jour de ces sorties d’albums à ceux enregistrés les jours précédents et suivants. Résultat : après avoir pris en compte le jour de la semaine, les jours fériés et la période de l’année, le nombre de décès sur les routes américaines était supérieur de 15,1 % les jours de sortie. Selon les chercheurs, cela représenterait environ 182 décès attribuables aux dix journées étudiées.
Les données de Spotify montrent en effet une moyenne de 123,3 millions d’écoutes les jours de sorties d’albums attendus, contre 86,1 millions le reste du temps. « Vous déverrouillez le téléphone, ouvrez l’application, trouvez la nouveauté, parcourez la liste des titres et appuyez sur la bonne chanson. Cela représente plusieurs secondes passées à regarder un écran », explique le Dr Vishal Patel, un des auteurs de l’étude.
Et la distraction ne s’arrête pas au lancement du morceau. Monter le volume, changer de titre ou simplement se laisser emporter par l’effervescence autour d’un album très attendu peuvent également détourner l’attention de la route. Selon l’étude, une nouvelle musique pourrait, elle aussi, demander davantage d’attention qu’un morceau familier.
L’effet varie toutefois selon les artistes. Les albums de Drake semblent associés aux hausses les plus importantes, tandis que celles observées pour Taylor Swift sont plus modestes. Les jeunes conducteurs, les hommes et les automobilistes seuls semblent également davantage concernés, tout comme les conducteurs de véhicules équipés d’un système d’info-divertissement intégré.
Les chercheurs soulignent néanmoins une limite importante : l’étude ne permet pas d’établir directement que l’utilisation du smartphone est responsable des accidents. Mais le conseil de Vishal Patel tient quoi qu’il advienne, en quelques mots : « Choisissez l’album, lancez la lecture et posez le téléphone. » Et si un passager est présent, mieux vaut lui confier la playlist.