Le site de l’Agroscope valaisan, destiné à la recherche sur les plantes aromatiques et médicinales, va fermer. Il s’agit d’une conséquence des économies prévues par la Confédération. Sur place, l’incompréhension règne.

Berne va fermer la station de recherche valaisanne pour les plantes aromatiques et médicinales. Une décision qui, pour le milieu, ne fait aucun sens. « On nous demande d’être flexible, d’être innovant et on nous enlève l’outil. On est devant un chantier et on casse nos outils. On n’aura plus jamais la possibilité d’avoir un accompagnement scientifique. Les réalités des Alpes ne sont pas celles des grandes plaines de France et autres », déplore lundi dans le 12h45 le cultivateur Nicolas Lorétan, en réaction à la décision de l’Agroscope, centre de compétences de la Confédération pour la recherche agronomique.

Pour Charly Rey, horticulteur-botaniste retraité de l’Agroscope, cette fermeture « est la perte de toutes ces sélections, de 40 ans de travaux, c’est regrettable ».

Un écosystème sain

Toute une filière valaisanne s’est développée avec les années pour planter, récolter, transformer et sécher les plantes de la région: « On a créé un écosystème vraiment sain, où on peut aller de la graine jusqu’au produit fini et tout cela sur quelques kilomètres », explique Julien Héritier, directeur de Mediplant, institut de recherche suisse sur les plantes aromatiques et médicinales. « Si on commence à le démanteler, on s’attaque aux graines, aux plantons. »

Même les géants comme le fabricant de bonbons Ricola disent regretter cette fermeture.

« Un développement limité »

L’Agroscope explique devoir couper 58 équivalents plein temps en Suisse à partir de 2027. « En raison du développement relativement limité, en termes de surfaces cultivées, dans le domaine des plantes médicinales et aromatiques, nous avons décidé de renoncer à ces activités dans le cadre du budget fédéral ordinaire », indique le centre de la Confédération. Le secteur des plantes aromatiques représente 1,6 EPT.

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Le destin du centre de recherches est plus qu’incertain. Le canton du Valais et les faitières négocient en ce moment avec l’Agroscope.

Mathias Délétroz/lan