Découvrez l’étonnante reconversion de l’ex vedette de RTL-TVI Sabine Mathus
À 63 ans, sa voix douce voire cajoleuse donne rendez-vous tous les jours de la semaine sur Nostalgie +, la petite sœur de la numéro 1 incontestée des radios à Bruxelles et en Wallonie. « Entre nous » (c’est le nom de son émission), sa trajectoire mérite un coup d’œil dans le rétro avec un brin de nostalgie. Mais pas trop.
Interview dans les locaux qui abritent aussi NRJ, Nostalgie (nous croisons d’ailleurs Julien Sturbois) et Chérie FM et où elle exerce quotidiennement pour un revival avec le sourire (sa marque de fabrique).
« Mon actu ? Depuis cinq ans, je présente tous les jours de la semaine de 11h à midi sur Nostalgie + (dispo en DAB +) l’émission « Entre nous ». De la musique des années 60-70, trois chroniques qui parlent société, bien-être, cuisine, livres,… pour lesquelles j’ai carte blanche. J’enregistre également un podcast et j’écris sur le site web. «
Revenons un peu, beaucoup en arrière. C’est le principe de cette rubrique. Après des études de secrétariat de direction, un séjour aux States et une expérience à radio libre WLBQ (à Liège, sa région natale), elle débarque quasi à l’improviste à la RTBF. Un casting à Charleroi (« nous étions 300 environ ») et boum, la voilà propulsée sur antenne.
Elle a débuté à la RTBF avant d’aller sur RTL-TVI
« Une émission lifestyle en collaboration avec le magazine Marie-Claire. Dans le même temps, je bosse au service marketing du journal La Meuse où j’écris chaque semaine une page qui s’appelait « les mercredis de… Catherine. »
Après deux ans, elle file à RTL via un… casting. Trois jours plus tard, elle démarre. Pour une aventure au long cours. Avec un esprit involontairement mais assumé touche-à-tout. « J’ai toujours aimé apprendre quel que soit mon âge ».
De speakerine (« c’était un réel lien avec les téléspectateurs. J’ai d’ailleurs entendu que TV5 Monde envisageait de réhumaniser les annonces ») à présentatrice météo en passant par le concours Miss Belgique et une émission feel good de l’après-midi, elle a tout fait. Même un jeu…
« À quelques minutes du Journal Télévisé, je devais appeler en direct une personne dont le nom et le numéro de téléphone avaient été piochés au hasard dans l’annuaire. Un soir, le doberman d’un technicien s’est subrepticement introduit dans le studio et s’est planté à mes yeux. Ma hantise ? Qu’il m’urine dessus en direct… »
Elle a présenté à deux reprises le concours Miss Belgique
Aujourd’hui, entre polémiques, flamandisation et cérémonie kitsch, le concours Miss Belgique a perdu de sa superbe. RTL-TVI a d’ailleurs stoppé sa diffusion en 2012 (aujourd’hui, il n’est plus visible en Wallonie). Dans ses heures de gloire, ce rendez-vous avait de l’allure, sentait le glamour et rassemblait des centaines de milliers de téléspectateurs.
« J’ai eu la chance de la présenter à deux reprises en 1994 et 1996. C’était énorme. Dans la salle de Forest National. Trois jours de répétition intense, un gros stress mais une superbe expérience. «

Habillée en princesse lors d’une soirée du Nouvel An de RTL-TVI au chateau de Modave ©SM
L’impression n’est pas fausse. Sabine aime rire. À l’antenne comme dans la vie. Comme si les aléas coulaient sur elle.
« Je peux être gaffeuse mais plutôt en dehors de l’antenne. Lors d’un dimanche ensoleillé, alors que j’officiais à RTL, nous avons choisi de déjeuner au Chalet Robinson situé sur une île au cœur du Bois de la Cambre à Bruxelles. Endroit pour lequel vous devez emprunter un bac qui est tombé en panne pour effectuer le retour. Nous avons rejoint l’autre berge en pédalo et j’ai dû courir pour réussir à faire mon annonce in extremis ».
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Visage familier de la maison située jadis avenue Franklin Roosevelt, elle a marqué les esprits avec son duo en compagnie de Jean-Paul Andret dans « Comme chez soi » (aucune allusion au célèbre restaurant étoilé…)

Le duo a animé les après-midis de RTL-TVI ©Bernard Demoulin
« Qu’est-ce qu’on a rigolé ! Il m’appelait Chouchou Chacha. Une émission en direct pleine de bienveillance dans le décor reconstitué d’un appartement. Nous accueillions des invités et des rubriques. Ma maman, Monique, passionnée de déco, venait donner ses astuces. «
En 2000, première infidélité à la télé. Elle bifurque vers le monde politique et devient attachée de presse de Richard Miller, ministre des arts, des lettres et de l’audiovisuel. Une parenthèse de deux ans.
« Avec une étiquette politique, il était tout à fait normal de ne plus apparaître à l’antenne. Nous avons beaucoup voyagé, je l’ai emmené sur le tapis rouge du Festival de Cannes, en Thaïlande, rencontrer Michel Denisot, Gilles Jacob,… »

Elle a été à deux doigts d’être élue sénatrice
Appelée par Armand De Decker, alors bourgmestre d’Uccle, elle se présente aux communales et décroche suffisamment de voix de préférence (« plus de 2.000 », dit-elle) pour décrocher un échevinat. De la culture évidemment.
« J’ai été à deux doigts de devenir sénateur. Il m’a manqué 3.000 voix… Je suis resté deux ans échevine de 2006 à 2008. Carine Gol m’a succédé. «
Dans un milieu des médias qui a bougé entretemps, elle réintègre RTL-Tvi.
« Je suis un caméléon, je m’adapte. J’ai adoré présenter le « Face à face » rendez-vous culturel après le JT de 13 heures. Accueillir et écouter des gens, c’est mon truc. «
Encore la culture…
Un jour de 2013, la bascule. L’arrêt net. Le C4.
« Je ne l’avais pas vu venir. J’étais tellement sonnée que je ne trouvais plus mon badge que je devais rendre sur le champ. Je n’ai pas demandé d’explication. Pour quoi faire ? Je devais faire partie d’un mouvement de dégraissage. Du jeunisme ? Peut-être que cela a fait partie de l’équation. «
J’étais tellement sonnée par mon C4 que je ne trouvais plus mon badge que je devais rendre
Avec sa faculté à encaisser et même de relativiser (« je pense que les choses n’arrivent pas par hasard »), elle rebondit là où on ne l’attendrait pas forcément : aux côtés de Frédéric François, le chanteur populaire par excellence.
« Durant deux ans (encore deux ans…), je me suis occupé de ses relations presse en Belgique. Les concerts, les articles, … «
La télévision semble derrière elle. Sans réel regret. Quoique. Elle a zappé une proposition qui aurait pu tout changer : LCI.

Elle aurait ouvert la voie aux Tatania Silva, Daniela Prepeliuc,…
RTL
Mathus Sabine
« On m’a proposé d’y présenter la météo (comme le feront plus tard Tatania Silva, Daniela Prepeliuc, Vanessa Matagne ou Carol Zanin). J’étais maman (sa fille Margaux, née en 1997, bosse dans le numérique). Ce n’était pas le moment. »
Sans fausse pudeur, elle reconnaît que la télé lui a manqué, lui manque moins au fil des années mais elle ne dirait pas non.
« Même si le mot est un peu galvaudé, j’ai quitté une famille. Je n’ai jamais candidaté nulle part. Peut-être qu’un jour quelqu’un pensera à moi. Une rubrique bien-être, ça me botterait. «