Même si la part a augmenté depuis trente ans, passant d’environ 0,9 à quelque 1,2 %, ceux d’entre nous qui naissent jumeaux restent ultra-minoritaires. Dans notre Univers, les étoiles qui vont par paire — ou plus — sont loin d’être aussi rares. Selon les astronomes, une sur deux au moins ferait partie de ce qu’ils appellent un système binaire. Alors, pourquoi avoir choisi l’un de ces couples d’étoiles jumelles pour photo de la semaine ?

Beaucoup d’étoiles qui vont par deux

Parce que AFGL 4106 en est un exemple éblouissant. Faisons d’abord les présentations. Sur cette image publiée par l’European Southern Observatory (ESO) c’est ce vieux couple stellaire qui apparaît. Les astronomes peinent à estimer sa distance à notre Terre, mais elle pourrait être de l’ordre de 10 000 années-lumière. Et les deux étoiles qui composent le système sont des étoiles massives. Elles sont nées ensemble et vivent aujourd’hui les derniers stades de leur cycle. L’une d’elles, d’ailleurs, a déjà expulsé avec violence suffisamment de matière pour créer une enveloppe de poussière autour de la paire.


Le système binaire AFGL 4106 — les deux points noirs au centre de l’image — et la nébuleuse qui l’entoure — en orange. L’image a été prise avec l’instrument SPHERE du Very Large Telescope (VLT, Chili). © G. Tomassini et al., ESO

Et voici donc pourquoi l’image mérite sa place dans cette chronique. Parce que l’imagerie d’objets astronomiques proches des étoiles constitue un défi tant ces dernières brillent fort. De fait, sur cette photo, les étoiles apparaissent en noir. Leur luminosité a saturé le détecteur. Mais l’instrument utilisé par les astronomes pour saisir l’image de ce couple stellaire, l’instrument SPHERE du Very Large Telescope (VLT, Chili) est parfaitement adapté aux forts contrastes de luminosité. Il est capable aussi de corriger le flou causé par la turbulence atmosphérique. Ainsi, pour la première fois, les chercheurs ont pu étudier dans le détail à la fois les étoiles très brillantes et la bien plus discrète nébuleuse qui les entoure.

Une netteté qui fait avancer la science

Dans la revue Astronomy & Astrophysics, les astronomes détaillent qu’ils ont vu sur l’image, des asymétries et des déformations dans le nuage de gaz et de poussière éjecté par l’étoile mourante. Le résultat, à n’en pas douter, de la présence de sa compagne. Et la promesse de pouvoir, à l’avenir, comprendre un peu mieux quelles sont les influences mutuelles qui s’exercent sur les étoiles de systèmes binaires au moment de leur mort.