Alors que le géant chinois de la mode en ligne Shein annonce son entrée à la bourse de Hongkong au 1er septembre, en Allemagne, le vent tourne sur la politique à mener envers la Chine. Dans ce pays traditionnellement très timoré sur les mesures à adopter contre Pékin, les milieux industriels font désormais monter la pression pour que Berlin et Bruxelles contrent la déferlante des importations chinoises.

C’est que les chiffres sont sans appel, à l’image du déficit commercial avec la Chine qui a atteint des records en 2025 (90 milliards d’euros) et continue de se creuser (62,7 milliards au premier semestre 2026). En cause, une baisse des exportations (-12,2%), une hausse des importations (+8,8%) et des conséquences réelles sur l’emploi. Selon l’institut de recherche économique (IW) de Cologne, 400 000 emplois auraient été perdus dans le secteur manufacturier, entre 2019 et 2025, du fait de la concurrence chinoise. La faute à «un rattrapage technologique» de la Chine, mais surtout à des «distorsions de concurrence», via «d’importantes subventions industrielles et une sous-évaluation du yuan». Réputé proche du patronat, cet institut prône des droits de douane compensateurs, par secteur, au niveau européen.