Le centre culturel expose des œuvres du peintre Carlos Pradal, enfant de l’exil espagnol. Carlos Pradal (1932-1988) est un artiste marquant de notre région. Né en Espagne et fils du député républicain d’Alméria, Gabriel Pradal, il est contraint en 1939 de fuir Madrid, et trouve, avec les siens, refuge à Toulouse. C’est là qu’il fait ses études et qu’il suit en même temps des cours de dessin. Porté par cette passion de transmettre sa vision du monde et du peuple, il expose ses premières toiles dès 1960 et collabore en tant qu’illustrateur à La Dépêche du Midi. Il ne cessera alors plus de peindre et d’exposer dans notre région certes, mais aussi à Paris, après avoir rejoint le groupe des peintres de l’École Espagnole de Paris. Il travaillait assidûment, et ses tableaux à l’huile ou au couteau, ses nombreuses aquarelles sont des témoins, toujours actuels, de sa vision épurée du monde, d’un quotidien à l’état brut, à la fois très doux et très profond. Depuis ses débuts, on peut toujours admirer son trait puissant et évocateur. « Ce que reçoit le spectateur c’est une certaine lumière immobilisée dans le temps » expliquait Carlos Pradal. S’il est concerné, il peut être ému et aimer un tableau pour des raisons qui échappent au raisonnement. Pour le peintre, il s’agit d’arrêter le temps, sans le figer ». Ce très fort « arrêt sur image » nous est possible, jusqu’au 29 août à Luchon, à la maison du Curiste.

Frédéric Lemagner