Une charte invitant les partis fribourgeois à favoriser une représentation politique plus équilibrée entre femmes et hommes a été abandonnée après le refus de l’entente de droite. Le projet ne prévoyait aucune obligation juridique et ne remettait pas en cause l’autonomie des partis, selon ses auteurs.
A Fribourg, l’entente de droite s’est opposée à une charte destinée à favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes en politique. Le projet avait été proposé aux partis en vue des élections cantonales de novembre, mais il a été abandonné en mars.
La Commission cantonale de l’égalité hommes-femmes et de la famille souhaitait obtenir un engagement des formations politiques en faveur d’une représentation plus équilibrée. Cette démarche intervenait après cinq années durant lesquelles une seule femme a siégé au gouvernement fribourgeois.
Une initiative similaire avait abouti dans le canton du Jura lors des élections de l’année dernière.
Une charte sans obligation juridique
Le projet, que la RTS a pu consulter, avait été soumis aux partis fribourgeois au début de l’année. Il leur proposait de promouvoir les valeurs permettant d’atteindre l’égalité, notamment par une meilleure représentation des femmes au sein des institutions politiques.
Dans la lettre annonçant l’abandon de la démarche, également en possession de la RTS, la commission précise qu’il n’a jamais été question d’imposer une obligation juridique ou de remettre en cause l’autonomie des partis dans le choix de leurs candidatures. Des garanties qui n’ont pas convaincu l’entente de droite.
Le PLR invoque un « souci de cohérence »
« Le PLR l’a refusée par souci de cohérence. On a deux conseillers d’Etat hommes qui se représentent. Signer une charte sur l’égalité alors qu’on représente deux hommes, on trouve que ce n’est pas forcément cohérent », explique mardi dans La Matinale Alexandre Vonlanthen, président du PLR fribourgeois. Les deux conseillers d’Etat libéraux-radicaux sortants, Romain Collaud et Didier Castella, briguent en effet un nouveau mandat.
Alexandre Vonlanthen évoque également les difficultés rencontrées par son parti pour recruter des candidates. « C’est très difficile d’aller chercher des femmes. Je l’ai vu dans mon district, dans la Broye. On a fait des pieds et des mains pour trouver des femmes », poursuit-il.
Le président du PLR rappelle toutefois que la liste de son parti pour les élections fédérales de 2023 comptait quatre femmes et trois hommes, ainsi qu’une candidate à sa réélection au Conseil des États.
« Au PLR, on est assez clairs: on n’est pas pour les quotas, on est pour les compétences, on est pour des personnes qui s’engagent, indépendamment que ce soit un homme ou une femme », a-t-il souligné.
Philippe Demierre ouvert à l’idée
La liste commune de la droite pour l’élection au Conseil d’Etat compte cinq candidatures, dont une seule femme, la centriste Marie-France Roth Pasquier. C’est toutefois davantage qu’en 2021, lorsque tous les candidats étaient des hommes.
Le conseiller d’Etat UDC Philippe Demierre, qui se représente sur cette liste, se dit personnellement ouvert au principe d’une charte. « Je ne serais jamais opposé à ce genre de choses. Après, c’est aux partis aussi de décider. Ce sont les comités directeurs qui décident ou non de l’élaboration d’une charte, mais personnellement, ça ne me gênerait pas », déclare-t-il.
Le Conseil d’État fribourgeois pourrait malgré tout se féminiser en novembre. Le Parti socialiste a choisi de ne présenter que des femmes.
Muriel Ballaman/ther