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À Lavaur, un centre de prévention des maladies cardiovasculaires ouvrira en septembre sous l’impulsion du Dr Quentin Lestrade. Ce projet, motivé par des drames personnels, vise à réduire les 40 000 morts subites évitables chaque année en France. Le centre, intégré au réseau hospitalier, offrira des dépistages pris en charge par la Sécurité sociale.

À la rentrée, Lavaur va accueillir un centre inédit dédié à la prévention des maladies cardiovasculaires, porté par le docteur Quentin Lestrade, cardiologue à Castelnaudary et vice-président de la Société française de cardiologie.

Bernard Carayon, maire de la ville, se félicite de cette arrivée dans des locaux qui accueillent déjà de nombreux professionnels de santé. Ce nouveau service permettra de recevoir les patients dès septembre, du lundi au samedi.

Ce projet trouve sa source dans une histoire familiale douloureuse. « J’ai eu la malchance d’avoir mon grand-père paternel qui a fait une mort dans les gradins », confie le cardiologue, évoquant aussi un coéquipier de rugby mort à 20 ans sur un terrain. Une double tragédie qui l’oriente très tôt vers la prévention.

Le constat national est alarmant : selon la Fédération française de cardiologie, sur 50 000 morts subites recensées chaque année, 40 000 seraient évitables par un simple dépistage des facteurs de risque. L’idée du centre est simple : « C’est grader les patients à faible risque ou à haut risque pour que les patients à haut risque soient vus plus rapidement », résume le docteur Lestrade.

En lien avec l’hôpital

Concrètement, deux assistants médicaux, spécialement formés, recueilleront les données : questionnaire dédié, prise de sang, automesure tensionnelle, puis un dispositif nocturne évaluant arythmies cardiaques et troubles du sommeil.

Une semaine sera nécessaire pour interpréter ces résultats. « L’idée, c’est que le patient à haut risque cardiovasculaire, sous 15 jours, 3 semaines, puisse avoir un rendez-vous soit en visio, soit en présentiel », précise-t-il.

Un lien sera aussi maintenu avec l’hôpital, notamment via la cardiologue Anne Rolin du CHU de Rangueil. « L’intérêt du patient prime. Il faut l’envoyer au bon interlocuteur », insiste le praticien, qui veut éviter aux spécialistes de perdre du temps sur des actes basiques.

Les rendez-vous sont déjà ouverts sur le site de Doctolib ainsi que par téléphone au 04 34 27 22 61.

Un modèle amené à essaimer

Derrière l’ouverture du centre de Lavaur se cache un modèle que le docteur Quentin Lestrade veut voir essaimer dans toute la France. De nombreuses structures similaires sont déjà planifiées, avec Narbonne dès octobre, puis Saint-Girons, Millau, Lézignan et Foix jusqu’en février prochain.

L’ambition répond à un problème bien identifié : la prévention n’est pas rémunératrice dans le système de santé français. Poser trois stents lors d’un infarctus nocturne rapporte 2 000 euros. Consacrer deux heures à convaincre un patient d’arrêter de fumer ne rapporte rien. Faute de valorisation financière, seules quelques offres privées, comme les bilans à 3 500 euros proposés à l’Hôpital américain de Paris, permettent aujourd’hui ce type de dépistage complet, hors de portée de la majorité des Français. Le centre vaurais entend proposer les mêmes examens, intégralement pris en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles.

Le projet vise aussi à répondre à la désertification médicale rurale, où les délais d’attente dépassent souvent six mois. En s’appuyant sur le succès de son propre cabinet de Castelnaudary, passé d’un à trois cardiologues en quelques années, le docteur Lestrade espère convaincre de jeunes praticiens de s’installer durablement en zone rurale.