Noire, brillante et capable de produire des tranchants extrêmement coupants, l’obsidienne était un matériau particulièrement recherché par les populations préhistoriques. L’Anatolie centrale, dans l’actuelle Turquie, en possédait d’importants gisements et des milliers d’outils façonnés dans ce verre volcanique ont été retrouvés dans la région.

La position du corps et la présence d’outils associés révèlent des rôles différenciés entre individus au Néolithique, tout en laissant place à des exceptions. © CB avec ChatGPT
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Mais une poignée seulement de pointes de flèches présentent d’étranges incisions. Une nouvelle étude publiée dans PLOS One décrit ainsi 11 exemplaires gravés découverts sur le site de Tepecik-Çiftlik, datés d’environ 9 000 à 8 000 ans. Leur découverte porte à 54 le nombre de pointes incisées actuellement connues en Anatolie centrale.


Ces pointes de flèches en obsidienne vieilles de près de 9 000 ans portent des gravures volontaires dont la signification échappe toujours aux archéologues. © Vinet et al., PLOS One (2026).

Une proportion infime face aux milliers de projectiles en obsidienne retrouvés. De quoi laisser penser qu’il s’agissait d’objets particuliers. Pourtant, rien dans leur contexte archéologique ne permet de le confirmer.

Des armes utilisées comme les autres

À l’exception de leurs gravures, ces pointes sont pratiquement impossibles à distinguer des exemplaires ordinaires. Elles ont été retrouvées dans des habitations ou des ateliers de taille de pierre, mêlées à d’autres projectiles, et non dans des tombes ou des espaces associés à des pratiques cérémonielles.

Les traces d’usure racontent la même histoire. Ces armes semblent avoir réellement servi, probablement pour la chasse ou lors de conflits. Les chercheurs estiment donc qu’elles faisaient pleinement partie des activités quotidiennes des communautés néolithiques, plutôt que d’avoir eu une fonction exclusivement symbolique.

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Une hypothèse proposait que les marques permettent aux chasseurs d’identifier leurs propres flèches et, éventuellement, de revendiquer leurs prises. Mais leur extrême rareté sur plus d’un millénaire complique sérieusement cette interprétation.

Un code dont la clé semble perdue

Une chose paraît certaine. Ces marques n’ont rien d’accidentel. Les graver nécessitait un matériau suffisamment dur, comme le silex, ainsi que des gestes répétés. Sur une pointe, une même ligne aurait même été repassée une vingtaine de fois afin de la rendre clairement visible.


Certaines de ces gravures ont été repassées jusqu’à une vingtaine de fois, preuve qu’elles étaient réalisées intentionnellement par les artisans néolithiques. © Vinet et al., PLOS One (2026).

Plus troublant encore, aucun des 54 motifs connus ne se répète. Leur réalisation varie également. Certaines incisions ont été faites sur des pointes déjà terminées, quand d’autres précèdent les dernières étapes de façonnage.

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