Shein, Temu, AliExpress… Les plateformes chinoises ont enregistré une baisse de 15 à 50% de leurs volumes de ventes entre juin et juillet selon une étude.Des chiffres qui réjouissent le ministre du commerce Serge Papin.Une équipe de TF1 se penche sur les explications de cette tendance.

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Shein, l’enseigne chinoise controversée du e-commerce

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Les vêtements de fast fashion peinent à trouver des acheteurs. S’il y a moins de monde sur les plateformes, les boutiques sont également désertées, à l’image de celle de Shein à Limoges (Haute-Vienne).  « J’ai vite arrêté à partir du moment où j’ai su pour les conditions de travail. Les enfants, les Ouighours à la chaîne… », explique une ancienne cliente dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article.

« Ce n’est pas écologique et c’est mauvais pour la planète. Même dans l’exportation des vêtements, ce n’est plus possible », renchérit une autre. Pour cette mère de famille, en revanche, il est difficile de se passer de ces vêtements aux prix imbattables : « Quand on lave, ça ne déteint pas. C’est bien, moi je trouve ça sympa. Je ne vois pas pourquoi on n’accepterait pas des boutiques comme Shein en France ».

« On a tellement fait d’enquêtes pour montrer que ces produits étaient non conformes, qu’ils étaient même dangereux.Serge Papin

Depuis l’entrée en vigueur de la taxe européenne de 3 euros sur les petits colis importés d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros, le volume des ventes de Shein a diminué de 15%, selon une étude de l’application de shopping Joko dévoilée par Le Figaro. Et c’est davantage pour AliExpress (moins 37%)  ainsi que pour Temu (moins 50%). Ces deux plateformes qui vendent de nombreux accessoires et de petits objets électroniques sont régulièrement pointées du doigt

Une bonne nouvelle pour le ministre français du Commerce, invité ce mardi à réagir à ces chiffres dans « Bonjour ! La Matinale TF1 ». Il y voit un effet de la taxe sur les petits colis, mais pas seulement. « On a tellement fait d’enquêtes pour montrer que ces produits étaient non conformes, qu’ils étaient même dangereux. ( ) Il y a aussi cette prise de conscience des consommateurs », a assuré Serge Papin. Parmi les produits analysés par la répression des fraudes, 81% des petits électroménagers ont été jugés dangereux, 60% pour les chargeurs et 42% pour les jouets. 

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Toutes les semaines, le réparateur de téléphone qui témoigne dans notre reportage accueille de nombreux clients qui ont vu leurs appareils endommagés à cause de ces chargeurs asiatiques. « On voit que c’est très léger par rapport à un adaptateur secteur d’origine. On peut constater aussi, malheureusement, qu’ils peuvent aussi imiter les logos, et ça endommage surtout les téléphones », déplore Jordan Bergé, gérant de Phone Center dans le 12e à Paris. 

Contactées, les plateformes n’ont pas répondu aux sollicitations de notre équipe. Si le nombre de petits colis diminue, leur valeur reste malgré tout importante. Les plateformes « vont rester attractives pour certaines personnes. Elles vont aussi certainement développer d’autres stratégies, comme le fait d’avoir des entrepôts sur les territoires européens », prévient Deborah Bete, experte en e-commerce. 

Quoi qu’il en soit, les petits colis restent dans le viseur de l’Union européenne. À partir du 1er novembre 2026, une redevance européenne pour frais de gestion viendra compléter le dispositif sur les flux de colis. « On met une taxe de gestion de 2 euros à partir du mois de novembre. Toute l’Europe sera à cinq euros, ça va amplifier donc encore ce qui se passe aujourd’hui », a souligné  Serge Papin sur TF1. 

La rédaction de TF1info | Reportage : Alizée CALVO, Elise REGAUD, Emmanuel SARRE