Magdalena Carmen Frida Kahlo Calderon (1907–1954) a fait de ses fragilités une force. Atteinte de poliomyélite dès l’âge de 6 ans, elle lutta contre la maladie à grand renfort de beauté, couvrant de dentelles, fleurs et fanfreluches son corps malade.
Le tramway qui la percute en 1925 fait vaciller un peu plus sa vie. Mais jusque dans son lit d’hôpital, la belle aux yeux de diamant noir ne quitte pas son pinceau. Une trentaine de ses célèbres autoportraits sont aujourd’hui rassemblés à la Tate Modern, racontant comment l’enfant de Mexico est devenue icône indétrônable.
Portrait d’une icône
La voilà, apparaissant en majesté, le regard ennuagé de rêves, entourée de statues précolombiennes, de paons et de singes aux yeux fous, de chiots xoloitzcuintle imberbes. Sa toile la plus célèbre, La Columna rota (La Colonne brisée, 1944), la montre poitrine ouverte, offrant au regard ses vertèbres en fragments. Prisonnier d’un corsetage blanc, planté de clous tel un saint Sébastien moderne, le corps crie sa douleur. Mais le visage, avec ses sourcils en larges mouettes, continue de s’adresser à l’avenir.
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Tout sur la Fridamania
Sa complicité avec son époux Diego Rivera, ses aventures surréalistes sont bien sûr également évoquées, entre bijoux, costumes et souvenirs. Ses pairs l’entourent ici avec bienveillance, avec près de 200 œuvres qui célèbrent son influence.
Une Fridamania qui s’étend aujourd’hui de mugs en tee-shirts. Hélas, pourrait-on dire. On s’étonnera donc que la Tate expose ces babioles par centaines en fin de parcours. Car une icône, quelle que soit la vénération qu’elle suscite, doit demeurer un brin sacrée pour le rester.
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Frida. The making of an icon
Du 25 juin 2026 au 3 janvier 2027
Tate Modern • Bankside • SE1 9TG
www.tate.org.uk