Le Panama et le Salvador ont déclaré l’état d’urgence mardi face au phénomène climatique El Niño, qui s’annonce record. De nombreuses personnes sont menacées de famines, alors que le manque d’eau a déjà poussé le canal du Panama à réduire son transit.

El Niño est un phénomène naturel océanographique qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, entraînant un climat plus chaud et sec dans certains endroits, plus frais et humide dans d’autres, et provoquant des événements extrêmes.

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C'est quoi El Niño, ce phénomène climatique qui pourrait revenir cette année ? C’est quoi El Niño, ce phénomène climatique qui pourrait revenir cette année ? / Verticale RTSinfo / 1 min. / le 6 mars 2026

En cours, il a déjà fait monter les températures moyennes de l’eau à 2,7 degrés au-dessus de la moyenne climatique, et les climatologues prévoient pour novembre une anomalie de température pouvant atteindre +3,9 degrés.

Ces relevés font déjà de cet épisode d’El Niño l’un des plus puissants depuis le début des relevés. Combiné au réchauffement d’origine humaine, il pourrait contribuer à faire de 2027 l’année la plus chaude jamais enregistrée, et provoquer des famines monstres.

Manque d’eau au Panama

Dans ce contexte, la ministre de l’Intérieur panaméenne Dinoska Montalvo a annoncé mardi l’instauration de l’état d’urgence pour « être prêts à affronter ce qui pourrait arriver ». La mesure doit notamment permettre d’accélérer les procédures administratives.

La semaine dernière, l’Autorité du canal de Panama – par lequel transite environ 5% du commerce maritime mondial – avait déjà annoncé que, du fait du manque d’eau, la voie interocéanique de quelque 80km allait réduire son trafic de 36 navires à 32 par jour dès mi-septembre.

Lorsque le niveau de l'eau est bas, le lac Gatún, aux abords du canal du Panama, laisse apparaître des troncs d'arbres autrefois immergés. [Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved. - ARNULFO FRANCO] Lorsque le niveau de l’eau est bas, le lac Gatún, aux abords du canal du Panama, laisse apparaître des troncs d’arbres autrefois immergés. [Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved. – ARNULFO FRANCO]

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Inquiétudes alimentaires

Plus au nord, le Salvador a lui aussi déclaré mardi l’alerte maximum face à El Niño, qui provoque une « sécheresse météorologique et agricole » généralisée. Quatorze records de températures ont été battus en août, selon les autorités environnementales.

Cette mesure prévoit, entre autres, la surveillance des ressources en eau et des cultures, l’identification des localités en situation d’urgence et le renforcement de la surveillance épidémiologique, précise cette autorité.

La sécheresse devrait amputer les premières récoltes de céréales de base d’environ 20% de la production dans ce pays. Le ministère de l’Agriculture a déjà annoncé une aide alimentaire pour des foyers d’agriculteurs.

Région à haut risque

Le Salvador est en partie situé dans le « couloir sec » de l’Amérique centrale, une bande aride particulièrement vulnérable aux phénomènes climatiques extrêmes. C’est aussi le cas d’une portion du Honduras, dont le gouvernement a placé près de 80% du territoire en état d’alerte.

Du Mexique au nord du Brésil, jusqu’aux rives du Pacifique et au plateau des Guyanes, environ 110 millions de personnes ont vécu le mois de juillet le plus chaud de toutes les données disponibles, d’après les calculs de l’AFP à partir des données du programme européen Copernicus.

afp/jop