«Une campagne de dénigrement visant à délégitimer les critiques à l’égard de la fusion », c’est ainsi que Jane Fonda a qualifié le communiqué du studio hollywoodien Paramount Skydance qui présente Mark Ruffalo comme utilisant des « tropes antisémites ».
Craignant une situation de monopole, la star d’Avengers s’oppose ouvertement, comme douze États démocrates, au projet de fusion-acquisition de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance, la société dirigée par David Ellison, le fils de Larry Ellison.
Pour permettre cet achat à 111 millions de dollars, ce dernier a engagé sa fortune personnelle. Or le troisième homme le plus riche du monde est le cofondateur d’Oracle, société dont Mark Ruffalo a dénoncé les liens avec l’armée israélienne dans un message sur Instagram ce 21 août. L’acteur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind y mentionne aussi la guerre à Gaza qu’il qualifie de « génocide construit sur un système d’oppression d’apartheid, alimenté par Oracle ».
Jane Fonda pour la liberté d’expression
Visé par des accusations d’antisémitisme de la part de la société, Mark Ruffalo s’est immédiatement défendu sur les réseaux sociaux, pourfendant une « attaque affligeante » et « malhonnête ». Et tel est le point de vue de Jane Fonda, qui a partagé le 25 août sur Instagram une tribune sur la page du Committee for the 1st Amendment.
« En tant que Juive américaine, je trouve particulièrement inquiétant de voir que de fausses accusations d’antisémitisme sont utilisées pour faire taire des critiques politiques légitimes dans ce pays », a attaqué d’emblée la fille d’Henry Fonda et de Frances Ford Seymour.
« Qualifier d’antisémite la critique formulée par Mark Ruffalo à l’égard de cette fusion n’est qu’une tentative de la part de Paramount de délégitimer l’opposition et de détourner l’attention d’une question à laquelle elle préfère ne pas répondre », accuse ensuite l’actrice et productrice de la série Grace et Frankie.
L’artiste de 88 ans, qui fut l’une des égéries de la lutte contre la guerre américaine au Vietnam et a été engagée dans de nombreuses causes, souligne que « Mark est un artiste qui a choisi d’utiliser son influence pour lutter en faveur de la démocratie, des droits de l’homme, de la liberté d’expression et de l’avenir du secteur des médias que nous aimons tant ». C’est donc en son nom propre, mais également en celui du « Comité 1A », cofondé par son père en 1947 et qu’elle a relancé en 2025, que la féministe et pacifiste « appelle les acteurs des médias et toute autre personne disposant d’une tribune à rejeter publiquement ces allégations ».