Une réponse gagne du terrain dans les débats sur la conscience: la biologie serait indispensable à l’expérience consciente. Ainsi, le naturalisme biologique soutient que les systèmes vivants possèdent quelque chose que les systèmes artificiels n’ont pas et qui serait nécessaire à la conscience.

Tous les êtres conscients que nous connaissons sont des organismes vivants. Les humains et les autres animaux ont un cerveau biologique, contrairement à une table ou un ordinateur! Mais cette observation ne suffit pas à démontrer que la biologie est nécessaire à la conscience. Le fait d’avoir toujours observé un phénomène dans un certain contexte ne prouve pas que ce contexte soit essentiel. Le véritable défi consiste donc à désigner le rôle de la biologie qui la rendrait indispensable à la conscience.

Les auteurs parlent d’une possibilité où la biologie serait intrinsèquement spéciale. Même si une machine reproduisait exactement les processus d’un cerveau humain, elle ne serait pas consciente parce qu’elle ne serait pas constituée de matière biologique.

Pour illustrer ce cas, les chercheurs proposent une expérience de pensée: imaginons qu’une partie du cerveau soit remplacée par une puce informatique capable d’accomplir exactement les mêmes fonctions. «La personne continuerait alors de parler, de vaquer à ses occupations et pourrait déclarer qu’elle voit comme avant, comme si elle avait un vrai cortex visuel», dit Ulysse Klatzmann.

Mais que se passerait-il alors avec sa conscience? Selon le naturalisme biologique, qui considère la biologie comme essentielle à la conscience, celle-ci pourrait avoir disparu ou être altérée simplement parce qu’une partie du cerveau n’est plus biologique. 

Et comment pourrait-on le savoir? Si le comportement de cette personne reste identique, si ses réponses sont les mêmes et si elle affirme toujours être consciente, aucune mesure observable ne permettrait de départager les deux situations.

C’est ici que les auteurs voient une limite importante. Une théorie qui affirme que la conscience dépend de la biologie, mais qui ne produit aucune prédiction accomplie ne peut pas réellement être mise à l’épreuve par la science expérimentale.