À Revel, certaines histoires d’art s’écrivent sur la durée. Celle qui lie Francis Rey à la galerie Libre Cours en est une. Le peintre revélois y présente actuellement une douzaine de toiles, dans un lieu dont il accompagne l’histoire depuis les débuts.

Lorsqu’Alain Descombes ouvre la galerie rue de Dreuilhe en 1993, Francis Rey est le premier artiste à y exposer. Depuis, ses œuvres sont revenues presque chaque année sur les cimaises, une fidélité poursuivie aujourd’hui avec Camille Descombes, fille du fondateur.

En janvier 2025, Libre Cours avait déjà consacré au peintre une rétrospective d’une trentaine d’œuvres, entre encres, aquarelles et collages, certaines remontant aux années 1990. Une plongée dans plus de trois décennies de compagnonnage artistique, mais seulement une partie d’une trajectoire bien plus longue : né en 1932, Francis Rey peint et expose depuis plus de soixante ans.

Chez lui, rue de Dreuilhe

Très tôt attiré par le dessin, il fréquente plusieurs ateliers toulousains. Sa rencontre avec Jeanne Astre Artemoff marque ensuite son parcours. Huile, aquarelle, pastel, encre ou collage : l’artiste ne s’est jamais laissé enfermer dans une seule manière et navigue entre figuration et abstraction, avec la couleur comme fil conducteur.

Les Revélois connaissent notamment ses paysages de Saint-Ferréol, travaillés dans la lumière et les reflets, mais aussi un versant plus libre et onirique. Dès 2000, une exposition à Libre Cours mettait déjà en avant ce passage entre réel et imaginaire. Dix ans plus tard, ses encres colorées confirmaient cette veine poétique. Le mot n’est d’ailleurs pas seulement pictural.

En 2016, Francis Rey publiait « Lignes indiscrètes », un premier recueil de poèmes illustré de certaines de ses œuvres, prolongeant par les mots sa recherche de couleurs et de souvenirs. Plus de trente ans après sa première exposition rue de Dreuilhe, le peintre retrouve ainsi un lieu devenu presque indissociable de son parcours. La douzaine de toiles présentée jusqu’au début du mois de septembre offre un nouvel aperçu de cette longue fidélité entre un artiste, une galerie et la vie culturelle revéloise.