À « La Fugue au 12 », l’exposition consacrée à José Laik raconte le regard d’un fils sur son père, disparu en février 2009. En présentant ses œuvres, José-Pierre Laik a souhaité faire revivre un univers resté dans l’ombre.
« C’est un hommage que je rends à mon père. C’est une façon de réveiller ces tableaux », confie-t-il. Des centaines de toiles et de bristols sont encore entassés dans l’atelier familial, à Ginals. Lors de ses séjours réguliers à Ginals, José-Pierre retrouve alors l’atelier familial, où sont conservées les nombreuses œuvres laissées par son père.
L’occasion d’exposer ces créations est née d’une rencontre avec Emma, lors de ses ateliers d’écriture. José-Pierre lui montre les toiles et l’évidence s’impose : elles méritent d’être exposées. « Nous avons loué un gros fourgon et descendu les œuvres depuis le Tarn-et-Garonne », raconte-t-il. Un déménagement peu ordinaire, chargé d’une forte dimension affective.
José Laik avait commencé à peindre à 17 ans avant de suivre les cours des Beaux-Arts d’Oran. Dessinateur-projeteur en architecture, il avait évolué du semi-figuratif vers l’abstraction. Lorsque des troubles bipolaires l’avaient empêché de poursuivre son métier, la peinture était devenue un refuge et une véritable thérapie.
Cette relation à la création, José-Pierre l’a vécue de très près. « J’étais un peu son oreille », se souvient-il. Son père lui montrait ses peintures et lui parlait longuement de son travail. À l’époque, il n’était pas toujours disponible pour l’écouter. « Quelquefois, cela m’agaçait un peu. J’étais moins réceptif », reconnaît-il avec sincérité.
Lui-même ne peint pas et préfère jouer de la guitare. Pourtant, avec les années, son regard a changé. Les paroles autrefois entendues distraitement ont, avec le temps, pris une autre dimension. « Après son décès, j’ai réalisé l’ampleur de sa production artistique », explique-t-il.
À travers cet accrochage, le fils de José Laik partage bien plus que des créations. Il dévoile une part de son histoire familiale et remet en lumière la sensibilité d’un père qu’il dit mieux comprendre aujourd’hui. Sur les murs de « La Fugue au 12 », chaque œuvre ravive un souvenir et prolonge, à sa manière, le dialogue entre un fils et l’artiste.