Légende de l’art, cette Japonaise vivait recluse dans son hôpital psychiatrique depuis 1977. Elle ne trouvait bonheur que dans l’art et sa reconnaissance. Portrait d’une artiste à part qui traversa les «sixties» à New York, partagea leurs excès, et s’en retourna dans son archipel.
Yayoi Kusama était une légende de l’art, une artiste de la contre-culture devenue statue géante avec chasuble à pois et perruque orange pour Vuitton devant Harrod’s à Londres ou la Samaritaine à Paris. Difficile d’imaginer cette vieille dame impassible, volontairement recluse dans son hôpital psychiatrique de Tokyo depuis la fin des années 1970, en égérie souple des happenings, dans le New York des années 1960. Difficile d’imaginer qu’elle fut cette Diane chasseresse brune, seulement vêtue de collants blancs à pois noirs, qui caressait le flanc d’un cheval noir à pois blancs dans Horse Play happening, en 1967, à Woodstock, dans l’État de New York.
Kusama, sorte de Pythie des temps modernes, fut longtemps cette artiste d’artistes, réservée aux amateurs et aux pros de la 33e Biennale de Venise qui ont vu les 1300 boules miroir de son Narcissus Garden bouger «comme un tapis cinétique» sur le gazon devant le Pavillon italien en 1966. Elle s’y coucha en body rouge comme une victime sacrificielle…
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