« Les abeilles pourraient mourir de faim tellement elles mettent d’énergie à évacuer la chaleur ». Cette année, Christophe Bachmann a constaté les effets de la sécheresse sur ses colonies. Les fortes températures ont réduit l’activité des butineuses et compliqué leur recherche de nourriture. L’apiculteur professionnel neuchâtelois estime ainsi avoir récolté seulement trois quarts de sa quantité habituelle de miel.
Faute de ressources suffisantes, les abeilles ont aussi dû recevoir des compléments alimentaires beaucoup plus tôt qu’à l’accoutumée. « On a déjà dû intervenir deux fois avant le 15 juillet », alerte le producteur. Un rythme inhabituel, puisqu’en temps normal, les ruches subviennent elles-mêmes à leurs besoins durant l’été. L’homme avait heureusement anticipé les canicules en récoltant son miel dès juillet.
De l’eau et de l’ombre
Pour aider les pollinisatrices à supporter la chaleur, le professionnel a aussi dû adapter leur alimentation : « On a fait un sirop plus liquide, avec du sucre et de l’eau ». Un mélange qui permet d’apporter de l’eau aux ruches, alors que les ressources se font plus rares à l’extérieur. Et d’ajouter : « Les abeilles vont assez loin mais c’est une bonne chose de leur en amener directement ».
Autre précaution : protéger les ruches de la lumière directe. « Il faut faire attention à ce qu’elles ne soient pas en plein soleil ». Christophe Bachmann raconte avoir fait deux ou trois déplacements de ruchers dans le Val-de-Ruz pour ces raisons. Il précise privilégier les endroits ombragés et proches de points d’eau : « On a très vite déplacé les abeilles dans des lieux où on savait qu’il y avait des étangs et de l’ombre ».
Un système de ventilation naturelle
Pour faire baisser la température, les abeilles ventilent l’intérieur de la ruche : « Elles ont deux paires d’ailes qui se crochent ensemble quand elles volent. Dès qu’elles veulent ventiler, elles les décrochent ».
Mais cette ventilation ne suffit pas toujours à protéger la colonie car, à l’intérieur des ruches, il n’y pas d’isolation : « Les abeilles vont se coller contre la face pour créer une protection extérieure. Elles vont créer un isolant provisoire ». Les insectes forment ainsi une sorte de barrière autour de leur habitat pour limiter l’impact des fortes températures.
Des réserves de pollens à surveiller
Christophe Bachmann craint désormais un manque de pollen à l’automne. Indispensable pour nourrir les larves, cette ressource joue aussi un rôle essentiel dans le renouvellement des colonies. Un manque pourrait donc fragiliser les abeilles à l’approche de l’hiver. / jta