Quatre cas avérés d’arnaque au leasing dans le canton du Jura. C’est ce qui pousse la Police cantonale jurassienne à avertir la population. Dans un communiqué transmis ce mercredi, elle explique que des personnes sont contactées pour conclure, en leur nom, un contrat de leasing pour un véhicule, le plus souvent d’un certain standing. En échange, la promesse d’une rémunération de quelques centaines de francs. Le véhicule est ensuite remis à un tiers, passe bien souvent la frontière, et peut être utilisé pour des activités criminelles, être saisi par les autorités, ou purement et simplement disparaître.
Et ce sont surtout de jeunes adultes qui sont ciblés : « Les recruteurs ont à peu près le même âge. Ils opèrent via les réseaux sociaux », explique Sébastien Frund, chef de la police judiciaire. Ces intermédiaires promettent une rémunération, mais prétendent aussi s’occuper de tout une fois le véhicule obtenu, comme le paiement des tranches de leasing ou les contrats d’assurance.
La personne qui a souscrit le leasing demeure, elle, liée au contrat. Par conséquent, elle peut souffrir plusieurs conséquences, listées par la police : amendes dues à l’utilisation du véhicule (dans le cas d’infractions routières par exemple), tranches de leasing impayées et par conséquent réclamées par la société de leasing. Cette société peut aller jusqu’à déposer une plainte pénale contre la personne qui a servi de prête-nom dans les cas les plus graves.
Pour le Jura, cette pratique illégale est nouvelle. « On n’a certes que quatre cas annoncés, mais on ne va pas attendre que ce soit l’hécatombe avant de réagir », explique Sébastien Frund. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que le phénomène soit même plus important, compte tenu de la discrétion inhérente à l’aspect illicite de la chose.
Et le chef de la police judiciaire de conclure : « On veut vraiment rendre attentifs les jeunes et leurs parents au fait qu’il n’y a pas d’argent facile. Lorsqu’on reçoit quelques centaines de francs par mois pour uniquement apposer sa signature sur un contrat, c’est qu’il y a quelque chose d’anormal. » /comm-tbe