La limite entre la plage et l’espace urbain est-elle si bien définie ? Le travail d’Esther Donikian montre qu’elle est plutôt poreuse cette frontière. Et c’est justement la façon dont l’une déborde sur l’autre qui a intéressé la photographe.

Esther Donikian pratique la photo comme loisirs. J’ai fait des études d’architecture et je travaille aujourd’hui dans un cabinet mais j’aime faire de la photo, de la menuiserie et du design entre autres, explique la Nantaise de 29 ans. C’est le hasard qui fait qu’elle expose aujourd’hui à Saint-Nazaire. J’imprimais des tirages à Nantes comme Dominique Gellé, le directeur de Cargo, et il a aimé une de mes photos et m’a incité à candidater à la résidence d’artistes de Cargo. Ce qu’elle a fait et elle a été prise.

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Débordement mutuel

Elle est venue à plusieurs reprises à Saint-Nazaire avec un sujet en tête. C’est l’espace public qui me questionne. J’ai arpenté le territoire pour en comprendre les usages. Et surtout ce qui se passe dans l’espace liminaire entre la plage et la ville. C’est cet entre-deux qui m’a marquée à Saint-Nazaire. La plage et la ville s’interpénètrent, c’est un débordement mutuel. Cette observation ne s’est pas faite seule. J’ai rencontré des femmes retraitées et j’ai passé des journées avec elles à la plage. Et elles m’ont raconté ce qui s’y passe en hiver.

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Esther Donikian a pris beaucoup de photos et a aussi fait des croquis. Dans cet espace entre-deux sur ces clichés, beaucoup de vide. Les espaces vides m’intéressent, je les trouve plus parlants que les espaces pleins.

Le poste de secours de la plage de Monsieur Hulot. | ESTHER DONIKIAN
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Le poste de secours de la plage de Monsieur Hulot. | ESTHER DONIKIAN

Gentrification en marche

Esther Donikian n’a pas découvert Saint-Nazaire en 2025, elle avait eu l’occasion d’y venir durant ses études pour effectuer un travail sur le Petit Caporal. Elle avait tenu une permanence architecturale dans ce quartier. À la question de son ressenti sur la ville, elle confie lui trouver une atmosphère spéciale. C’est toujours une ville industrielle et ouvrière mais on sent qu’elle s’embourgeoise. Il y a peut-être une fracture qui naît entre ce milieu industrielle et la gentrification en marche.

L’expo Cargo est visible jusqu’au 27 septembre 2026 sur le front de mer et à la galerie des Franciscains. Gratuit.