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Alley Cats

Ricky Gervais signe une fable redoutablement acide et tendre à la fois en faisant parler une bande de chats plus patauds que philosophes. 6 x 15 min.

Fabienne Rosset Publié aujourd’hui à 16h13 LinkedIn Lien copié Error occurred Facebook Lien copié Error occurred X Lien copié Error occurred E-mail Lien copié Error occurred Copier le lien Lien copié Error occurred

Avec «Alley Cats», Ricky Gervais («The Office», «After Life») pousse encore plus loin son art magistral du décalage. Cette fois, c’est une bande de chats errants qui portent une misanthropie aussi tranchante qu’hilarante. L’humour noir, so british, de Gervais trouve ici un écrin parfait. Là où d’autres se cachent derrière le cynisme, le Britannique préfère le disséquer. Et quoi de mieux que des chats des rues (ou de salon, aussi), formidables aristocrates des caniveaux, pour formuler le pire avec une élégance nonchalante, une cruauté qui fait sourire autant qu’elle pique? Avec des chats qui parlent comme des charretiers au lieu de miauler (Ricky Gervais prête sa voix à Gus, mais les autres félins de la bande sont tout aussi gâtés niveau casting: coup de cœur pour Diane Morgan qui prête sa tonalité mordante à la chatte Olive), le dispositif est redoutablement efficace. Par leurs dialogues, Gervais dégomme l’hypocrisie humaine, les postures morales, le confort des certitudes. L’anthropomorphisme devient un paravent et un révélateur.