Le renouvellement de votre smartphone ne se fera pas tout de suite. D’après le cabinet d’études IDC, le marché mondial des smartphones va connaître en 2026 son plus fort déclin depuis plus d’une décennie. Les livraisons devraient chuter de 12,9 % pour tomber à 1,12 milliard d’unités, contre 1,26 milliard en 2025. Un effondrement que personne n’anticipait à cette échelle. IDC lui-même qualifiait un scénario bien moins sombre de « pessimiste » il y a seulement deux mois.

La cause ? La demande massive de mémoire vive des téléphones, aussi appelée RAM, cette composante qui permet aux applications de tourner en continu. Les géants de la tech comme Meta, Google ou Microsoft ont versé des milliards ces dernières années pour construire les infrastructures informatiques afin d’exploiter leurs nouvelles IA. Ces gigantesques centres de données ont un appétit colossal en puces mémoire, au point d’en assécher le marché mondial. Les fabricants, eux, ont naturellement suivi l’argent en priorisant les ventes pour ces mêmes groupes. Résultat, les smartphones font la queue pour obtenir des composants devenus rares. Cette crise a déjà un nom : « RAMageddon ».

Les prix des smartphones s’envolent

« Ce à quoi nous assistons n’est pas un resserrement temporaire, mais un choc semblable à un tsunami provenant de la chaîne d’approvisionnement en mémoire », résume Francisco Jeronimo, vice-président d’IDC. Pour le consommateur, le prix de vente moyen d’un smartphone devrait bondir de 14 % cette année, pour atteindre un record de 523 dollars. Le marché africain et moyen-oriental devrait reculer de plus de 20 %, et les smartphones à moins de 100 dollars pourraient, selon IDC, devenir « définitivement non rentables ».