Un insecte originaire de l’Arctique a été observé se reproduisant dans l’environnement naturel de la péninsule Antarctique. Son expansion dans la région pourrait menacer d’autres espèces de la région, alertent des scientifiques.
L’augmentation des températures due au changement climatique favorise, selon les experts, l’arrivée d’espèces invasives en Antarctique. D’après les Nations Unies, la péninsule est l’une des régions qui s’est le plus réchauffées au cours du dernier demi-siècle, avec une hausse de près de 3°C.
Une expédition de l’institut de recherche chilien Centro Internacional Cabo de Hornos a observé, lors du dernier été austral, entre décembre et mars, des colonies de diptère de l’espèce Trichocera maculipennis dans des cavernes proches de zones de nidification de manchots.
L’insecte avait déjà été observé dans les canalisations des stations scientifiques. Il avait par exemple été photographiée dans la base polonaise de la baie de l’Amirauté, sur l’île du roi George, au large de la péninsule. [Wikimedia commons – Marta Potocka]
Au cours des cinq dernières années, la présence de l’insecte avait déjà été signalée dans les égouts de bases scientifiques et militaires de l’Antarctique. Mais désormais, ces petites bêtes « accomplissent leur cycle de vie dans un environnement naturel », explique le biologiste Hugo Benitez, qui dirige ces recherches.
Arrivée par bateau
Selon lui, Trichocera maculipennis aurait été introduite en Antarctique par des navires touristiques, scientifiques ou militaires.
« Le changement climatique augmente les chances d’offrir un environnement plus propice à des espèces qui ne vivaient pas dans cet endroit », ajoute l’expert, dont les observations font partie d’une étude qui n’a pas encore été mise sous presse.
Le biologiste, qui étudie les espèces invasives depuis une décennie, avait déjà montré, dans une étude publiée en 2025 dans la revue scientifique Zoologischer Anzeiger, que cette mouche était en train de s’adapter à l’Antarctique.
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Changement morphologique
L’étude menée sur 294 spécimens, collectés dans quatre stations de l’Antarctique, a mis en évidence une diminution de la taille des ailes au fil du temps et des variations de leur forme.
Selon le scientifique, la présence de larves dans le sol provoque une hausse imperceptible de la température, ce qui peut engendrer « une déstabilisation écosystémique de l’environnement ».
« Les écosystèmes terrestres antarctiques comptent peu d’espèces. L’arrivée d’une espèce supplémentaire pourrait avoir un impact assez significatif et, à ce titre, constitue un sujet de grande préoccupation », commente Arlie McCarthy, chercheuse à l’Institut Helmholtz de biodiversité marine fonctionnelle au Danemark, non impliquée dans cette recherche.
afp/ami