On parle beaucoup de Cyril Hanouna ces derniers jours. Ce 27 août, M6 diffuse Solidarité incendies, un concert caritatif organisé au profit des victimes des feux de Gironde. L’animateur a produit l’émission bénévolement, « sans prendre un centime de bénéfice ».

Une générosité saluée par tous, alors que l’Arkéa Arena de Bordeaux et une centaine de chambres d’hôtel ont, elles aussi, été offertes pour l’occasion. Mais ce sens du don tranche avec un autre trait de caractère, bien connu des habitués de Cyril Hanouna : son sens aigu des affaires.

Car si l’animateur sait aujourd’hui se montrer généreux, il n’a jamais caché avoir été, à ses débuts, un redoutable négociateur. Une anecdote savoureuse, racontée par lui-même, illustre parfaitement cette audace commerciale.

Un concert géant, produit gratuitement par Hanouna

Face aux incendies dévastateurs qui ont ravagé 42 000 hectares en Gironde cet été, M6 a voulu apporter sa pierre à la reconstruction. La chaîne a donc sollicité Cyril Hanouna pour produire cette soirée exceptionnelle, réunissant Gims, Zazie, Pascal Obispo ou encore Julien Clerc.

« La chaîne a demandé à Cyril Hanouna de produire l’émission de télé, Cyril va le faire sans prendre un centime de bénéfice », précisait Julien Courbet, coanimateur de la soirée, lui-même évacué cet été à Lège-Cap-Ferret. Une implication totale, à titre gracieux.

Un engagement collectif révélateur d’une facette généreuse de Cyril Hanouna, loin de l’image de businessman qu’on lui prête souvent. L’occasion de rappeler que le succès de l’animateur repose aussi sur une solide réussite financière, construite au fil de plus de vingt ans de carrière.

Devenu millionnaire grâce à ses différentes activités, Cyril Hanouna détient notamment des parts dans le géant de la production Banijay, propriétaire de sa société H2O Productions. Sa fortune personnelle est aujourd’hui estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Pourtant, quand il s’agit de son propre salaire, l’animateur a toujours su défendre ses intérêts avec une détermination redoutable, et ce, dès ses tout premiers pas à la télévision.

Une anecdote, remontant à ses débuts sur M6, en dit long sur ce tempérament. Elle s’est produite lors de sa toute première grande négociation salariale, pour l’animation du Morning Live.

Une audition transformée en victoire inattendue

En 2003, alors que Michaël Youn s’apprête à quitter le Morning Live, Cyril Hanouna est contacté pour le remplacer. Du moins, c’est ce qu’il croit comprendre, avant qu’on lui propose finalement de « passer un casting » face à d’autres candidats.

Peu motivé par cet exercice, le jeune animateur refuse immédiatement. Un refus qui, contre toute attente, impressionne la production : celle-ci annule alors le processus de recrutement. « Finalement, on a discuté, on va s’arrêter sur vous », lui annonce-t-on.

Une première victoire, obtenue sans même avoir eu à convaincre qui que ce soit sur scène. Fort de cette confiance inattendue, Cyril Hanouna aborde alors la question du salaire avec une assurance peu commune pour un débutant.

« On démarre dans deux semaines » : la négociation qui change tout

« Je suis dans un 18m2, j’ai une table de ping-pong qui fait table à manger », confiait plus tard Cyril Hanouna, décrivant sa situation modeste de l’époque. Quand M6 lui propose 6 000 euros par mois, la somme paraît pourtant déjà considérable.

Sauf que le jeune animateur, qui « vivait avec 220 euros par mois », voit les choses autrement. « J’avais 15 000 euros en tête », révèle-t-il aujourd’hui sur le plateau de Tout beau tout neuf. Une ambition qui surprend visiblement son interlocuteur.

« Ce n’est pas possible », lui répond-on aussitôt. Mais Cyril Hanouna, loin de se décourager, propose alors un compromis habile : « couper la poire en deux ». Une méthode simple, mais redoutablement efficace pour débloquer la situation.

« Vous êtes à six, je suis à quinze. À dix, on démarre dans deux semaines », lance-t-il, sûr de lui. La proposition, à 10 000 euros mensuels, est acceptée sans plus de discussion. Une négociation menée tambour battant, en quelques phrases à peine.

L’émission, lancée en mars 2003, ne connaîtra finalement qu’un succès limité, déprogrammée trois mois plus tard faute d’audience. Mais l’anecdote reste, elle, gravée dans la légende de Cyril Hanouna, révélant un sens aigu de la négociation, déjà présent bien avant le succès de TPMP.

Cette capacité à négocier ferme ne l’a d’ailleurs jamais quitté. Quelques années plus tard, sur D8, l’animateur déclarera gagner 15 000 euros nets par mois pour la seule présentation de TPMP, avant que son contrat n’atteigne des sommes bien plus vertigineuses encore.

Vingt ans plus tard, cette même audace semble toujours l’animer, mais sous une forme différente. Ce soir, sur M6, c’est en effet sans compter ses heures, ni ses bénéfices, que Cyril Hanouna met son talent de producteur au service d’une cause bien plus grande que lui.

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