Plus de 200 participants ont participé jeudi dernier vers Berne pour le tout premier symposium national sur le plurilinguisme. Organisée par le Forum du Bilinguisme de Bienne, cette rencontre inédite visait à repenser la pratique des langues nationales en Suisse. Les réflexions seront compilées dans un manifeste attendu en 2027.
Enseignement des langues plus immersif, renforcement du plurilinguisme au travail, meilleure visibilité des régions linguistiques dans les médias: voilà les thèmes retenus lors du premier symposium sur le plurilinguisme qui a eu lieu jeudi à Berne. Autant de pistes explorées qui figureront dans le futur « Manifeste pour une Suisse vraiment plurilingue », dont la publication est prévue pour 2027.
Pour Virginie Borel, directrice du Forum du Bilinguisme, au-delà de mesures toutes faites, l’enjeu de ce document dépasse les simples dispositifs techniques. « Avec les langues, il y a toujours une part de volonté. Je crois qu’il ne faut pas se cacher derrière les moyens », souligne-t-elle au micro du 12h30.
>> Le sujet du 12h30 : Le premier Forum sur le plurilinguisme a eu lieu à Berne / Le 12h30 / 2 min. / aujourd’hui à 12:37
Selon elle, le manifeste vise avant tout à mobiliser l’ensemble de la société: « Il faut surtout des actrices et des acteurs partout dans la société pour vraiment dire: quelle est la représentation des langues au sein de mon entreprise, de mon organisation? Comment moi, je m’y engage? »
La directrice du Forum du Bilinguisme insiste également sur « la manière dont on apprend les langues en Suisse ». « Il va falloir adapter nos méthodologies pour qu’on soit baigné dans les autres langues nationales de Suisse. »
« On doit apprendre les autres langues nationales »
Parlée par seulement 50’000 personnes, le romanche est souvent le parent pauvre dans le débat sur les langues nationales. Mais Martin Candinas, conseiller national des Grisons, insiste pourtant sur son importance culturelle. Il reconnaît également la réalité pragmatique: « On n’apprend pas le romanche parce que dans la vie quotidienne, on ne peut pas faire grand-chose avec cette langue. » Mais il souligne la différence de situation: « Les allophones, les Romanches, on n’a pas le choix, on doit apprendre les autres langues nationales. »
Pour Martin Candinas, l’essentiel réside dans la fierté linguistique et l’effort de communication: « On essaie toujours dans notre vie quotidienne de vivre notre langue, d’être fiers de notre langue. C’est pour ça que j’essaie aussi toujours de parler les quatre langues nationales, même si ce n’est pas du tout parfait. On essaie, et c’est le plus important. »
Célia Bertholet/fgn