Alors que la canicule s’installe, les cornets s’enchaînent sans toujours mesurer l’impact sur la santé. Nutritionnistes et autorités livrent leurs repères, parfois surprenants.
Quand le thermomètre grimpe, la même question revient devant le congélateur : peut-on remplir le cornet sans compter ? La glace, plaisir d’été par excellence, affiche pourtant un vrai coût en sucres et en graisses. Pour savoir combien de boules de glace par jour resterait raisonnable, les nutritionnistes convergent vers un repère simple : autour de deux boules « standard » pour un adulte, mais certainement pas tous les jours.

Pour Anthony Berthou, expert en nutrition régulièrement sollicité par le site Allo Docteurs, « deux boules est une bonne moyenne », à condition d’en faire un plaisir occasionnel, de l’ordre d’une fois par semaine. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) recommande de ne pas dépasser 100 g de sucres par jour, tandis que l’OMS place les sucres libres en dessous de 10 % des calories quotidiennes, voire 5 %. Avec les boissons et autres desserts, la marge se réduit très vite.

Combien de boules de glace par jour : le repère des nutritionnistes

Dans la vie réelle, beaucoup aimeraient pourtant leur glace tous les jours, surtout en période de canicule. Le nutritionniste Raphaël Gruman rappelle qu’une portion courante correspond à deux boules de crème glacée, à réserver idéalement à une ou deux fois par semaine. Pour un sorbet, moins gras mais tout aussi sucré, ce même volume peut monter à trois ou quatre fois hebdomadaires, tandis que les glaces à l’eau, surtout composées d’eau et de sucre, restent raisonnables deux à trois fois dans la semaine.

Le diététicien-nutritionniste Matthias Vidal invite d’ailleurs à ne pas faire des glaces un réflexe quotidien et vise, pour un adulte en bonne santé, une consommation autour de trois à quatre fois dans la semaine en tenant compte de tous les types confondus. En cas de diabète, de troubles métaboliques, d’hypercholestérolémie ou de trouble du comportement alimentaire, ces repères doivent être adaptés avec un professionnel de santé, car la tolérance au sucre et aux produits gras varie fortement.

Une boule de glace, 30 g ou 60 g ?

Une autre source d’erreur vient de la taille réelle de la boule. Les tables Ciqual situent une petite portion autour de 30 g, alors que dans les salons de glaces ou les restaurants, une boule « généreuse » atteint facilement 60 g. D’après Raphaël Gruman, une boule de cette taille apporte déjà 150 à 200 kcal, 7 à 10 g de lipides et 15 à 20 g de sucre. Deux boules servies ainsi équivalent pratiquement à un petit repas en énergie.

La nature du produit change la donne. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes rappelle qu’une crème glacée contient au moins 5 % de matières grasses laitières, alors qu’un sorbet n’apporte pas de graisses ajoutées et qu’une glace à l’eau se limite surtout à de l’eau, du sucre et des arômes. Selon Ciqual, 100 g de crème glacée fournissent déjà environ 20 g de sucres, 8 g de lipides et 200 kcal, à inscrire dans le budget de sucres libres de la journée, ces sucres que l’OMS inclut aussi dans le miel, les sirops et les jus de fruits.

Glace sans excès : les bons réflexes à garder

Pour limiter l’impact sur la glycémie, mieux vaut savourer la glace en dessert, après un repas contenant fibres et protéines, plutôt qu’isolée au goûter. Une cuillère à glace ou un petit bol sert de repère et évite de multiplier les « recharges ».

Une part des glaces industrielles relève aussi des produits ultra-transformés, ce qui incite à privilégier des recettes plus simples ou des versions maison moins sucrées. Avec deux boules par jour, plus biscuits sucrés, le plafond de 100 g de sucres de l’ANSES et le seuil de 10 % de calories en sucres libres rappelé par l’OMS sont vite atteints.