Ces aliments sont souvent présents dans nos assiettes. Pourtant, les viandes rouges transformées sont associées à un risque accru de démence, selon une vaste étude américaine. Les chercheurs expliquent pourquoi et suggèrent une alternative.
La maladie d’Alzheimer est la forme de démence la plus connue. Cette maladie neurodégénérative se caractérise par la dégénérescence des cellules nerveuses, ce qui implique une perte progressive de la mémoire et de certaines fonctions intellectuelles (cognitives) conduisant à des répercussions dans les activités de la vie quotidienne.

Pour prévenir la maladie, l’alimentation joue un rôle non négligeable. Les médecins prônent le régime MIND : (pour Mediterranean-Dash Intervention of Neurodegenerative Delay), il est réputé pour prévenir les maladies neurodégénératives et notamment la maladie d’Alzheimer. Il implique de privilégier des aliments riches en vitamines B6, B9, et B12 et réunit les fruits et légumes frais, céréales complètes et les aliments riches en antioxydants. Au contraire, il est important de limiter les aliments transformés et notamment la viande transformée.

Une étude des chercheurs du du Brigham and Women’s Hospital de Boston vient de confirmer que cette dernière peut favoriser l’apparition de la démence et va même plus loin en démontrant que le risque augmente si vous en consommez plus de trois fois dans le mois.

Au total, 11 173 cas de démence sont apparus

L’équipe du Pr Yuhan Li a étudié plus de 43 années de données recueillies auprès de 130 000 personnes dans le cadre de l’étude de longue durée Nurses’ Health Study et de l’étude de suivi Health Professionals Follow-Up Study. Les chercheurs ont spécifiquement étudié les associations entre la consommation de viande rouge et la démence.

Tous les deux à quatre ans, les participants ont été interrogés sur la quantité et la fréquence de leur consommation de viandes rouges transformées (bacon, hot-dog, saucisses, salami, mortadelle ou autres sandwichs à base de viande transformée). Les individus ont également été interrogés sur leur consommation de noix, légumineuses, lait de soja, haricots verts, tofu ou de protéines de soja. Au total, 11 173 cas de démence sont apparus au cours de la période d’étude.

Principale conclusion : les personnes qui ont déclaré manger de la viande rouge transformée régulièrement avaient un risque 14 % plus élevé de développer une démence que les autres.

Chaque portion supplémentaire de viande rouge transformée consommée était associée à environ 1,6 an de vieillissement cognitif

Les chercheurs ont découvert que chaque portion supplémentaire de viande rouge transformée consommée chaque jour était associée à environ 1,6 an de vieillissement cognitif pour la « cognition globale », qui comprend le langage, les fonctions exécutives et le traitement mental.

Il existe cependant des changements alimentaires qui peuvent aider à freiner ce déclin. L’étude a révélé que lorsque les personnes remplaçaient leur portion quotidienne de viande rouge transformée par des noix et/ou des légumineuses, ils présentaient un risque inférieur de 20 % de développer une démence.

Les chercheurs ajoutent que la viande rouge transformée peut être mauvaise pour le cerveau « parce qu’elle contient des niveaux élevés de substances nocives telles que les nitrites [conservateurs] et le sodium ». Outre le cerveau, la viande rouge transformée est aussi nocive pour le cœur et peut favoriser le diabète.

Un exemple précis d’une façon de manger plus sainement

« La prévention de la maladie d’Alzheimer et de toutes les autres formes de démence est une priorité majeure, et l’Alzheimer’s Association encourage depuis longtemps une alimentation plus saine, notamment des aliments moins transformés, car ils sont associés à un risque [réduit] de déclin cognitif », a déclaré Heather Snyder, vice-présidente des relations médicales et scientifiques de l’Alzheimer’s Association dans un communiqué de presse.

« Cette vaste étude à long terme fournit un exemple précis d’une façon de manger plus sainement. »