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Réhabiliter une friche industrielle en la transformant en espace socioculturel, le geste architectural est connu, coutumier. Ce qui l’est moins, c’est quand ce chantier de reconstruction n’est mené qu’avec des matériaux de récupération. La Fonte, nouvel espace culturel né sur les anciennes Halles de la Fonderie, à Carouge, a réussi cet exploit: proposer une cantine, un bar, un lieu d’exposition à ciel ouvert, une ressourcerie et, au sous-sol, une salle de concert, en adoptant la logique du réemploi.
Le réemploi? Ce procédé signifie que, excepté les installations d’électricité et de plomberie ainsi qu’une porte coulissante qui mène à la cantine, tout ce que vous verrez à La Fonte dès ce lundi, jour d’ouverture, a déjà un passé. Les matériaux comme les éléments. La porte jaunâtre avec un hublot qui mène au sous-sol, par exemple, vient de la manufacture horlogère d’Audemars Piguet au Brassus. L’agencement de la cuisine de la cantine est entièrement issu de l’Hôtel Fairmont (anciennement Noga Hilton, puis Kempinski), sur le quai du Mont-Blanc. Pareil pour cette paroi réalisée à base de portes de coffres-forts d’UBS Cornavin. Ou l’isolation, assurée entièrement par de la laine de… moutons paissant à Vessy, sur les hauts de Genève. Le réemploi n’est pas meilleur marché que la construction à neuf, préviennent ses adeptes, mais plus respectueux de l’environnement. Il a aussi le grand avantage de témoigner de l’histoire du design et de l’architecture avec son patchwork de styles différents réunis dans le même bâtiment.