Avec Anne-Sophie Pic à la Fondation Cartier, le restaurant de musée ne semble plus vouloir jouer les seconds rôles. Longtemps, ces établissements ont été le théâtre de la prédominance de l’esprit sur le ventre. Il s’agissait de rappeler en ces lieux improvisés que, tout de même, il était hors de question d’être challengé par les nourritures de ce bas monde. Les restaurants censés égayer étaient traités en mode ancillaire, comme le vestiaire, la consigne, la librairie et ses mugs siglés.

Et puis, avec le temps, l’univers muséâââl s’est dit que, finalement, on était au bord de la pop culture. La cuisine n’était plus un attrape-mouche mais un aimant sociétal capable d’augmenter son impact auprès du public, comme le firent avec réussite les palaces.

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Il y eut des fulgurances comme le Mac/Val (2005), à Vitry-sur-Seine, précurseur expérimental entremêlant œuvres d’art et gastronomie avec Iñaki Aizpitarte, Laurent Chareau, Benjamin Pelletier et Gilles Stassart. Puis régulièrement des pertinences comme avec le musée Soulages/Café Bras, le Palais de Tokyo, mais constamment des consternances essaimées au gré des « concessions » accordées à des restaurateurs plus expéditifs que convaincus.

La rentrée 2026 laisse cependant à penser qu’un musée aurait tort de ne pas profiter de l’attraction que peut susciter un restaurant, d’autant plus si, de surcroît, une star du genre y apporte sa signature, à défaut de sa présence. Témoin, le LaM (Lille Métropole musée d’Art moderne, d’Art contemporain et d’Art brut), qui inaugurait en février 2026 un nouveau restaurant avec Florent Ladeyn (Auberge du Vert Mont à Boeschepe), ainsi qu’un café-estaminet.