La population genevoise votera le 27 septembre prochain pour rendre ou non la contraception gratuite pour toutes et tous. En cas de oui, Genève deviendrait le premier canton à généraliser une telle mesure.
La revendication d’une contraception gratuite n’est pas nouvelle: en Suisse, on la retrouvait déjà dans des cortèges féministes de 1975. Les femmes et les mouvements féministes réclamaient alors déjà le droit de décider de leur maternité, notamment à travers une contraception libre et gratuite.
Par ailleurs, cela fait des dizaines d’années que des parlementaires à Berne tentent, sans succès, de faire passer des textes au niveau fédéral pour que les contraceptifs soient remboursés par l’assurance-maladie.
La balle aux cantons
Mais c’est finalement à l’échelon cantonal qu’une brèche s’est ouverte: en octobre 2025, le Grand Conseil neuchâtelois a accepté une motion visant à rendre la contraception gratuite pour les moins de 30 ans. La balle est désormais dans le camp du Conseil d’Etat.
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A Genève, l’initiative va encore plus loin: aucune limite d’âge n’a été fixée et toutes les méthodes de contraception – pilule, stérilets, implants, pilule d’urgence ou préservatifs – seraient prises en charge par le canton. Les IVG, en revanche, ne sont pas comprises dans le texte.
Corriger une inégalité de charge
Le texte a été lancé par le Parti socialiste dans le but d’améliorer la santé publique et réduire les inégalités, alors que le coût de la contraception est encore largement supporté par les femmes.
« Les deux personnes qui ont un rapport sexuel sont responsables de se protéger contre une grossesse non désirée, mais les coûts ne sont pas partagés », rappelle la députée Jacklean Kalibala. « En finançant la contraception à travers l’impôt, ça permettrait que la société entière partage les coûts. »
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Les initiantes et initiants estiment qu’à l’heure actuelle, le prix de la contraception peut être un obstacle à la limitation du nombre de grossesses non désirées, notamment pour les personnes précaires, dont une partie importante de jeunes.
« C’est quand même un coût assez conséquent chaque mois, alors que je suis encore à l’université », témoigne une étudiante lundi dans La Matinale. « Il y a un certain temps où je n’avais pas de job étudiant, j’hésitais à prendre la pilule. Donc oui, ça remet certains choix en question. »
« On n’a pas tous des parents sur qui on peut compter ou un travail qui nous permet de la payer », expose un jeune homme. « Dans beaucoup d’événements, ils distribuent des préservatifs gratuitement pour aider », remarque encore une autre étudiante. « Donc c’est bien qu’il y a un manque. »
La droite et le Conseil d’Etat s’opposent
Si elle est acceptée, la prise en charge collective coûterait environ 20 millions par an, selon les estimations de l’Etat, sans compter les coûts liés à la gestion des stocks et la logistique, notamment. Un chiffre qui fait tiquer les opposants. À l’exception du Centre, toute la droite s’oppose au texte, estimant que la gratuité universelle « va trop loin ».
Pour le président du PLR Genève Pierre Nicollier, la vie sexuelle et l’organisation de la contraception relèvent de la « responsabilité individuelle » et « ce n’est pas à l’Etat de venir mettre son nez là-dedans », estime-t-il. « La gratuité n’est pas une solution. Nous devons travailler avec les populations parmi lesquelles il y a des grossesses non désirées pour s’assurer que tout est mis en place et qu’il y ait une prévention en amont. »
Le Conseil d’Etat appelle également à rejeter l’initiative. Il estime qu’une gratuité universelle, sans distinction de revenu ni d’âge, n’est pas la bonne réponse, car elle bénéficierait aussi aux personnes plus aisées.
Guillaume Martinez/jop