Poisson russe: Migros assume, Coop boycotte, la Suisse laisse faire

Sept millions de francs de poisson russe ont été importés en Suisse l’an dernier. Dans l’assiette des restaurants Migros, la provenance est affichée. Coop y a renoncé.

Claude Beda Publié aujourd’hui à 16h19 LinkedIn Lien copié Error occurred Facebook Lien copié Error occurred X Lien copié Error occurred E-mail Lien copié Error occurred Copier le lien Lien copié Error occurred Une perche du Léman reposant sur des filets de pêche à Tolochenaz, lors du vidage des filets de Paul-André Beaugier.

La Suisse importe environ 600 tonnes de poisson russe par an, malgré la guerre en Ukraine.

Florian Cella / Tamedia

L’origine russe de certains poissons servis dans les restaurants Migros suscite des interrogations, alors que la Suisse continue d’importer du poisson en provenance de Russie malgré la guerre menée contre l’Ukraine. Selon la statistique suisse du commerce extérieur, environ 600 tonnes de poisson russe ont été importées l’an dernier, pour une valeur de près de 7 millions de francs, un niveau comparable à la moyenne des dix dernières années, rapportent les journaux de CH Media.

Dans certains restaurants Migros, des filets de perche originaires de Russie figurent au menu, l’origine étant explicitement indiquée sur l’écran d’affichage. La coopérative précise qu’environ 2% du volume total de produits de la mer de sa restauration provient de Russie.

Oui au poisson, non au caviar

Si le Conseil fédéral a décidé le 28 février 2022 de reprendre les sanctions de l’Union européenne contre la Russie, le poisson ne figure pas sur la liste des biens sanctionnés. La situation diffère pour les crustacés, comme les crevettes ou le caviar, considérés comme des biens économiquement importants et dont l’importation depuis la Russie est interdite.

Une proposition de la Commission européenne visant à inclure des restrictions sur l’importation de poisson dans un nouveau paquet de sanctions a finalement été abandonnée, selon l’agence de presse allemande DPA.

Coop renonce aux produits de la mer russes

Interrogé par CH Media, le service de presse de Migros indique que certaines matières premières, notamment le poisson et les fruits de mer, ne peuvent pas être obtenues en quantité suffisante toute l’année en Suisse ou dans la région. L’entreprise affirme considérer, outre l’origine, des critères de durabilité, de qualité et de rentabilité, et se référer à des certifications reconnues.

Coop, l’autre grande chaîne de supermarchés disposant de sa propre offre de restauration, a pour sa part renoncé à tout produit de la mer russe depuis le début de la guerre en Ukraine.

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