Six employés de l’aéroport de Francfort (Allemagne) ont contracté le paludisme entre le 4 et le 6 juillet. Deux d’entre eux sont par la suite décédés de la maladie. Cette épidémie remet en lumière le phénomène du « paludisme d’aéroport », impliquant des moustiques infectés ayant voyagé par avion. Deux études ont déjà fait état de nombreux cas recensés en France depuis 1969, avec une augmentation ces dernières années, rapporte Le Figaro cette semaine.
Le paludisme, ou malaria, est une pathologie infectieuse provoquée par un parasite qui est transmis à l’homme par des piqûres de moustiques femelles du genre Anopheles. Ces insectes sont le principal vecteur de cette maladie, indique Futura. Or, ils sont susceptibles de survivre à un vol long-courrier en cabine, en soute ou dans un bagage. L’OMS recommande d’ailleurs la désinsectisation des avions en provenance de zones impaludées. Le phénomène avait été étudié pour la France dans une étude publiée en octobre 2024 dans la revue scientifique Eurosurveillance.
Partout en France
Ses auteurs avaient recensé 145 cas de « paludisme d’aéroport ou des bagages » entre 1969 et 2024 dans neuf pays européens, dont 105 diagnostics de paludisme d’aéroport exclusivement. La France représentait près de la moitié de ces cas. Un total de 32 a été détecté à Roissy, mais aussi trois à Orly et au Bourget, deux à Marseille et Toulouse, et un à Nice. Des constatations qui sont à mettre en parallèle avec d’autres travaux scientifiques, présents dans le même numéro d’Eurosurveillance et relayés par Science & Vie.
Ils font état de 51 cas de paludisme odysséen en France entre 1995 et 2022. Les chercheurs ont noté une augmentation de ce phénomène depuis 2011 ainsi qu’une recrudescence entre juin et septembre, avec un pic en août. L’autre étude conclut que l’aéroport de Roissy est le plus à risque en Europe car il reçoit le plus de vols directs en provenance de pays où le paludisme est endémique.