Un Fortune Cookie qui ne se mange pas, mais qui se porte. Pour accompagner sur TikTok le sac éponyme de la marque parisienne Roseanna, l’agence lausannoise RIZES a choisi de jouer avec ce que la plateforme sait faire de mieux : transformer un produit en prétexte créatif et multiplier les manières de le raconter.
Cette première collaboration entre Lausanne et Paris s’est construite autour d’un défi désormais familier aux marques de mode : comment entrer sur TikTok sans simplement reproduire les images et les réflexes développés pour Instagram ou les campagnes traditionnelles ?
La réponse de RIZES passe par la multiplication des idées. En quelques jours, l’agence a imaginé et produit une palette de contenus courts, spontanés et dynamiques autour du Fortune Cookie. Plutôt qu’un film central décliné en plusieurs versions, le dispositif repose sur une série de formats conçus pour vivre selon les usages de TikTok : être repris, détournés, renouvelés et multipliés.
Faire du produit une matière créative
Le choix du Fortune Cookie offre à l’agence un terrain particulièrement propice au jeu. Son nom possède déjà une dimension narrative et évocatrice qui permet de dépasser la simple présentation d’un accessoire. Sur une plateforme où l’attention se gagne en quelques secondes, le produit doit pouvoir devenir une idée, une situation ou un geste avant même d’être un argument commercial.
C’est aussi là que se déplace une partie du travail créatif des agences. Il ne s’agit plus nécessairement de rechercher une seule « grande idée » capable de porter toute une campagne. Sur les plateformes sociales, la créativité peut aussi résider dans la capacité à générer un ensemble cohérent de petites idées, immédiatement compréhensibles et suffisamment flexibles pour évoluer avec les usages.
Cette logique impose un changement de rythme. Concevoir rapidement ne signifie pas renoncer à l’identité de marque. Le véritable exercice consiste au contraire à trouver le point de rencontre entre deux univers : celui de Roseanna, construit autour de la mode et de son esthétique, et celui de TikTok, où les contenus doivent sembler appartenir naturellement au flux dans lequel ils apparaissent.
Quand la créativité devient un langage de plateforme
Cette évolution concerne désormais l’ensemble des métiers de la communication. Chaque plateforme développe sa propre grammaire visuelle, son rythme, ses références et ses mécanismes narratifs. Une création efficace sur Instagram, en affichage ou dans un film publicitaire ne devient donc pas automatiquement pertinente sur TikTok.
Pour les agences, cette fragmentation multiplie les terrains de jeu mais complexifie aussi le métier. La créativité ne consiste plus uniquement à construire un univers distinctif pour une marque : elle doit également savoir traduire cet univers dans plusieurs cultures médiatiques sans le diluer.
Le projet Roseanna illustre cette nouvelle gymnastique créative. La marque doit conserver ses propres codes tout en acceptant une forme de lâcher-prise nécessaire à TikTok, où la spontanéité, la répétition et le détournement participent pleinement à la circulation des contenus.
De Lausanne à Paris, la création comme carte de visite
Cette première opération ouvre par ailleurs une collaboration plus large entre RIZES et Roseanna. D’autres projets sont déjà prévus autour de prochains lancements de produits et de nouvelles campagnes.
Pour une agence lausannoise, travailler avec une marque de mode parisienne constitue également une manière de confronter sa créativité à un marché particulièrement dense en matière d’image, de mode et de communication. À l’heure où les plateformes ont largement internationalisé les références créatives, la localisation d’une agence devient moins déterminante que sa capacité à comprendre les cultures dans lesquelles les marques souhaitent s’inscrire.