Vaud a présenté mercredi sa stratégie de transformation numérique de l’administration cantonale. Elle vise notamment à simplifier les démarches en ligne de la population, des entreprises et des communes, ainsi qu’à renforcer l’efficience de l’Etat. Objectif concret: doubler les démarches administratives sur son portail à l’horizon 2030.

Intitulée Administration numérique vaudoise (ANV), cette stratégie adoptée par le gouvernement est valable pour la période 2026–2030. Elle est dotée d’une feuille de route de 73 mesures. Outre la population, les entreprises et les communes, elle concerne aussi les collaborateurs de l’Etat.

« Son déploiement sera financé en deux phases, avec un premier investissement de plus de 16,4 millions de francs pour trois ans, entre 2027 et 2029, sous réserve de l’approbation du Grand Conseil », a expliqué devant la presse la conseillère d’Etat en charge du numérique Valérie Dittli. « Une réévaluation sera faite dans trois ans et une deuxième phase financière sera alors planifiée, non chiffrée à ce jour », a-t-elle ajouté.

« Nous voulons transformer l’Etat avec une administration et des prestations numériques plus modernes, plus accessibles et plus performantes. Le service public à la population doit devenir plus intégré, plus proche, plus rapide et plus intuitif », a expliqué la ministre.

Pas de suppression des guichets

« Chaque mois, plus de 130’000 démarches administratives sont initiées en ligne. A l’horizon 2030, l’objectif est notamment de doubler l’utilisation des démarches en ligne et d’en garantir l’accessibilité, la qualité et la sécurité », a relevé Sébastien Dufaut, directeur de l’Office de la transformation numérique et d’appui à l’administration (ONA). Les prestations physiques, au guichet, ne disparaîtront pas pour autant, a-t-il rassuré. « C’est du ‘digital first’, mais pas du ‘digital only' », a-t-il résumé.

Cette transformation digitale de l’administration cantonale touche beaucoup de monde: 855’700 citoyens, 66’600 entreprises, 25’000 collaborateurs de l’Etat et 300 communes, a-t-il été rappelé.

La stratégie ANV repose sur une démarche participative. Les services de l’Etat, les partenaires institutionnels ainsi que des représentants de la population ont été associés à son élaboration afin d’identifier les besoins prioritaires et définir des mesures concrètes et impactantes (lire encadré), a encore indiqué Sébastien Dufaut.

La stratégie accorde aussi une place centrale à la protection des données, à la cybersécurité et à la transparence, a insisté Valérie Dittli. Enfin, cette évolution s’inscrit dans une démarche cohérente avec la Stratégie ANS (Administration numérique Suisse) en étroite collaboration avec les communes. Elle favorise par exemple l’utilisation de solutions nationales, telles que l’e-ID et AGOV pour une identification sécurisée.

ats/fgn