Il faut remonter au 3e trimestre 2021 pour observer pareille performance. En dépit d’un environnement international peu favorable, l’économie suisse a enregistré une forte poussée de croissance au second partiel de l’année, le produit intérieur brut (PIB) accélérant de 1,5% comparé au trimestre précédent.
Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) a confirmé jeudi ses premières estimations publiées mi-août. Ce chiffre, corrigé des événements sportifs, atteste d’une nette accélération, après une hausse de seulement 0,5% au premier trimestre. La Suisse fait aussi nettement mieux que la zone euro, dans laquelle la croissance n’a accéléré que de 0,4% au deuxième trimestre.
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«L’impulsion la plus soutenue est venue de l’industrie chimico-pharmaceutique, mais la création de valeur a également progressé dans de nombreuses autres branches», indiquent les économistes de la Confédération dans le communiqué de presse mis en ligne. Les exportations ont affiché un important rebond de 9,7% pendant la période sous revue, après un repli de 1,2% entre janvier et mars. Les investissements dans les biens d’équipement ont également repris des couleurs, en accélérant de 0,8% suite à une décrue de 1,2%.
«Croissance impressionnante»
Par secteurs, la chimie-pharmacie (+10,5%) a affiché une santé éclatante, malgré les incertitudes liées aux droits de douane américains et la hausse du prix des matières premières. L’industrie manufacturière (+4,5%) a aussi progressé, tout comme les services financiers (+1,9%) et les transports (+1,9%). L’accélération dans le domaine des services (+0,7%) est quant à elle restée modérée.
«Il s’agit d’une croissance impressionnante», s’est étonné Thomas Gitzel, économiste de VP Bank, interrogé par Keystone-ATS. L’économie helvétique a bien démarré l’année, malgré la hausse des prix du pétrole et des incertitudes géopolitiques en raison de la guerre au Moyen-Orient, a-t-il ajouté, estimant que «l’industrie européenne est en train d’afficher un rebond étonnant.
Pour les experts de la banque EFG, la conjoncture suisse croît au-dessus de son potentiel depuis fin 2025. Le solide moral des entrepreneurs en juillet et août signale par ailleurs un bon troisième trimestre.
La consommation privée, l’un des moteurs de l’économie helvétique, est par contre restée au ralenti, n’affichant qu’une faible progression de 0,3%, après +0,1% au premier trimestre. L’inflation en Suisse est par ailleurs repartie à la hausse en août, grimpant à 0,8% sur an, selon les données publiées jeudi par l’office fédéral de la statistique (OFS), soit plus que prévu par les économistes, sous l’effet d’une hausse des prix des produits pétroliers et des loyers.
D’après les relevés de l’OFS, les prix des produits pétroliers ont bondi de 25,2% par rapport au mois d’août 2025 tandis que les loyers du logement ont augmenté de 1,6%. Dernières estimations publiées jeudi, peu engageantes pour le pouvoir d’achat des Helvètes, les salaires nominaux n’ont progressé que de 0,4% au 2e trimestre.
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