Mark Carney a annoncé que son gouvernement allait investir 4,7 milliards de dollars (G$) pour construire 313 nouvelles voitures de voyageurs «de nouvelle génération» pour Via Rail. Les travailleurs d’Alstom à Saint-Bruno-de-Montarville et à La Pocatière au Québec seront impliqués dans le projet, a commenté le premier ministre.
Des wagons «qui étaient auparavant construits aux États-Unis» seront désormais assemblés à l’usine d’Alstom à Thunder Bay après avoir été construits sur la rive Sud de Montréal avec le soutien de l’usine du Bas-Saint-Laurent, dit le premier ministre Carney lors de son annonce dans la ville du nord de l’Ontario.
L’investissement devrait créer environ «700 bons emplois» en Ontario et au Québec, avance M. Carney.
Ce dernier précise que ce seront les premières voitures de voyageurs de Via Rail construites au Canada depuis 40 ans. À l’époque, «il n’y avait que six équipes dans la LNH, les gardiens de but ne portaient pas de masque et les Maple Leafs de Toronto gagnaient la coupe Stanley», a blagué le premier ministre.
«Le savoir-faire québécois»… en pleine campagne électorale
Le ministre fédéral aux Transports, Steve McKinnon, a pour sa part vanté les mérites des travailleurs québécois dans le projet.
«Cette force se bâtit partout au pays, notamment au Québec, où les travailleurs de La Pocatière et les équipes de conception et d’ingénierie de Saint-Bruno-de-Montarville [contribueront] à bâtir la prochaine génération de la flotte ferroviaire canadienne», a-t-il lancé au podium.
À La Pocatière, on se réjouit de l’annonce d’Ottawa, non sans souligner qu’on a «ignoré pendant des années le savoir-faire québécois pour le remplacement des trains de Via Rail».
«Ottawa s’arrête finalement en gare et choisit comme nous lui demandions de privilégier nos entreprises à celles américaines pour le remplacement des trains de long-courriers», a déclaré le député bloquiste de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, Xavier Barsalo-Duval, dans un courriel envoyé à Noovo Info.
M. Barsalou-Duval ressasse le passé en rappelant que le gouvernement libéral avait octroyé un contrat d’environ 1 milliard de dollars pour le remplacement remplacement de trains du corridor entre Québec et Windsor, en Ontario, à l’entreprise américaine Siemens par l’entremise de Bombardier, sa branche québécoise. À l’époque, en 2018 Justin Trudeau était premier ministre.
«Depuis plusieurs mois, nous répétons qu’Ottawa doit faire appel à nos entreprises plutôt que de choisir une entreprise américaine en pleine crise commerciale.»
— Le député bloquiste de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, Xavier Barsalo-Duval
M. Barsalou-Duval parle aussi d’une «interférence bien malvenue dans notre démocratie», «en pleine campagne électorale québécoise».
«Garder les chèques de paye» chez nous
Ottawa déplie les cordons de la bourse pour ce projet dans un contexte de guerre commerciale contre les États-Unis, avec les droits de douane américains et les contre-tarifs canadiens.
M. Carney indique que l’effort permet de «garder les chèques de paie ici, au Canada».
Le ministre McKinnon affirme qu’il s’agit du plus gros investissement ponctuel de l’histoire de Via Rail.
En juillet, le gouvernement avait annoncé un investissement de près de 2 G$ pour de nouvelles locomotives destinées à Via Rail, avec de nouvelles installations à Montréal.
Ces nouveaux trains devraient arriver en 2031.
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