Cette forte hausse s’explique par des incitations financières, notamment le Fonds Chaleur de l’Ademe. L’augmentation est « particulièrement forte pour les établissements du secteur de la chimie », relève l’étude consultée par France Inter.

Publié le 03/09/2026 21:24

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L'usine de pétrochimie Versalis sur le site de Mardyck, à Dunkerque (Nord), le 30 novembre 2025. (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

L’usine de pétrochimie Versalis sur le site de Mardyck, à Dunkerque (Nord), le 30 novembre 2025. (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

De 2021 à 2024, les dépenses pour « réduire l’impact environnemental ont augmenté de 50% » chez les industriels, indique jeudi 3 septembre l’Insee dans une étude consultée par France Inter. En 2024, 54% des entreprises industrielles de plus de 20 salariés ont sorti le carnet de chèque et investi pour protéger l’environnement. Ce taux reste stable par rapport à 2023.

Ces 3,5 milliards d’euros ont été investis « pour protéger l’environnement », ces investissements ont porté « sur la gestion de l’eau, des déchets, les économies d’énergie ou encore la protection de l’air et du climat », c’est une somme qui n’a cessé d’augmenter pendant trois années consécutives, note l’institut de la statistique. La hausse est « particulièrement forte pour les établissements du secteur de la chimie. Les autres dépenses portent sur des études en prévision d’investissements et sur des études réglementaires ou de contrôle », analyse l’Insee.

Les entreprises cherchent à moins consommer ou à verdir leur mode énergétique. Les énergies renouvelables (biomasse, solaire, géothermie) ont le vent en poupe comme les technologies pour optimiser la consommation. Cette forte hausse s’explique par des incitations financières, notamment le Fonds Chaleur de l’Ademe en particulier.

Cela est également la conséquence de normes plus strictes de l’Union européenne ou de nouvelles lois en particulier pour les sites de plus de 500 salariés, qui dépensent le plus. La loi antigaspillage oblige les industriels à mieux recycler, voire à incorporer davantage de matières recyclées dans leurs produits. La rénovation des réseaux d’eau vétustes et la mise en place de circuits fermés progressent aussi fortement.

Le coup de pouce de l’Etat a aussi un impact puisqu’un établissement sur cinq a bénéficié d’aides. C’est donc un peu à marche forcée que l’industrie se verdit. Au total, « 260 millions d’euros d’aides environ ont été versés sur les 3,5 milliards d’euros de dépenses environnementales, soit 7% », estime l’Insee. Parmi le nombre d’aides publiques versées, « 22% le sont au titre des certificats d’économies d’énergie (CEE) : ce dispositif permet de financer certains travaux de rénovation énergétique ».

À noter que « le montant moyen d’un investissement antipollution varie selon la taille de l’établissement : de 104 000 euros pour les établissements de 20 à 49 salariés à 1,6 million d’euros pour ceux de 500 salariés ou plus. Ainsi, bien qu’ils ne représentent que 2% des établissements, ces derniers concentrent 24% des dépenses ». Les chiffres de 2025 et 2026 n’étant pas encore disponibles, il faudra donc voir si cette bonne tendance se poursuit.