Ce jeudi matin, la promenade Saint-Antoine est baignée de soleil. L’ombre des jeunes micocouliers est bien timide. C’est justement en arrachant les vieux arbres de l’esplanade qu’ont été faites, en 2012, les premières découvertes qui ont conduit au Site archéologique Saint-Antoine (SaSA) dissimulé sous nos pas, nourries aussi de recherches plus anciennes. C’est dire que ce passé n’était pas enfoui très profondément. Il a pourtant été bien protégé, notamment par les remblais utilisés pour protéger le mottet de Saint-Laurent, un ancien bastion construit en 1537, dans la foulée de l’adoption de la Réforme protestante, liée à une indépendance politique qu’il faut pouvoir défendre. Le mottet est désormais clairement visible, comme le bastion de 1560, dont on pouvait déjà voir des pans dans le parking voisin.
Les trois blocs de béton posés sur l’esplanade, conçus par les architectes qui ont gagné le projet (Atelier_Traces à Genève et Estar arquitectos en Espagne), n’évoquent guère le site archéologique, même si chacun correspond à une des trois séquences historiques dévoilées. Les fenêtres de ces lanterneaux permettent de plonger le regard sur quelques portions, mais il faut descendre pour apprécier toute la puissance mémorielle du site. On a l’impression d’entrer dans un cimetière dont tous les morts se seraient absentés.