Une étude menée auprès de 202 seniors européens montre qu’une exposition plus importante à la lumière, surtout le matin, pourrait favoriser une meilleure activité durant la journée et des nuits de meilleure qualité.
L’urbanisation a considérablement réduit notre exposition à la lumière naturelle et introduit un éclairage artificiel en soirée, deux facteurs qui perturbent le bon alignement de notre horloge biologique avec l’environnement naturel. « Ce dérèglement circadien contribue à des perturbations généralisées du sommeil, du métabolisme et de la santé en général. Cela est particulièrement vrai pour les personnes âgées, qui souffrent souvent d’un manque de lumière pendant la journée » soulignent les chercheurs de l’Université du Surrey, au Royaume-Uni.
Ces derniers ont mené une étude auprès de 202 personnes âgées de 63 à 92 ans à Amsterdam (Pays-Bas), Bologne (Italie) et Tartu (Estonie) montre qu’une exposition plus importante à la lumière est associée à une activité plus soutenue durant la journée, un éveil mieux consolidé et une meilleure qualité de sommeil.
Une expérience avec une lampe de luminothérapie
Les participants ont d’abord été suivis pendant deux semaines afin de mesurer leur exposition à la lumière, leur sommeil et leurs cycles veille-sommeil. Une partie d’entre eux a ensuite utilisé pendant 12 semaines une lampe de luminothérapie installée dans la pièce où ils passaient le plus de temps. La lampe devait être allumée dans l’heure suivant le réveil et éteinte au plus tard quatre heures avant le coucher. Les chercheurs ont ensuite comparé leur activité et leur rythme veille-sommeil avec ceux d’un groupe témoin.
Les résultats montrent que les participants qui étaient davantage exposés à la lumière naturelle avaient une activité diurne plus importante, restaient plus vigilants dans la journée et déclaraient mieux dormir que ceux qui recevaient moins de lumière. Ils montrent également que les personnes qui avaient naturellement tendance à se lever tôt et qui commençaient cettesupplémentation lumineuse plus tôt dans la matinée étaient plus actives pendant la journée et présentaient des rythmes veille-sommeil moins perturbés.
Après 60 ans, la lumière compte aussi pour rester actif
Pourquoi s’intéresser autant à la lumière ? Parce que notre organisme utilise les variations entre le jour et la nuit pour régler son horloge interne. Or, avec l’âge, les yeux deviennent moins sensibles à la lumière et les sorties peuvent aussi devenir moins fréquentes en cas de problèmes de mobilité. Dans un logement urbain, il devient alors facile de passer une grande partie de la journée dans une ambiance lumineuse relativement faible.
Mais l’exposition à la lumière ne semble pas seulement liée au sommeil. Les chercheurs ont aussi observé une différence entre les participants selon leur état de santé. Ceux qui souffraient de troubles métaboliques, parmi lesquels l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires, avaient une exposition totale à la lumière plus faible que ceux qui n’avaient pas déclaré de trouble métabolique. Débora Constantino, co-autrice de l’étude, qouligne l’intérêt de cette découverte, « qui apporte la preuve concrète que la lumière est une intervention simple, non médicamenteuse et potentiellement rentable qui, du point de vue des politiques de santé publique, pourrait contribuer à favoriser un vieillissement en bonne santé ».
Source :
ENLIGHTENme: Translating the Benefits of Self-Administered Daytime Light Supplementation to Older Adults in the Real World, Journal of pineal research, septembre 2026