Le Pape a reçu ce jeudi matin des membres de la Conférence épiscopale latine des régions arabes (CELRA). Une dizaine d’évêques du Liban, de Jordanie, de Syrie, de Palestine ou encore d’Egypte. «Vous n’êtes pas seuls», leur a assuré Léon XIV, qui les appelle à être des artisans de la réconciliation. Dans «un contexte de conflits et de divisions», le Pape a tenu aussi à saluer la persévérance de ces communautés chrétiennes, «témoignage précieux pour toute l’Église».
Vatican News
«Vos Églises ont connu le témoignage du martyre», a d’abord expliqué le Saint-Père aux évêques latins, représentants des communautés chrétiennes «de contrées marquées par la violence, où de nombreux prêtres, religieux et fidèles ont donné leur vie». C’est une invitation à «ne céder ni à la peur ni à la résignation», a souligné Léon XIV, qui a reçu treize évêques de la CELRA, venus des pays du Golfe, de Beyrouth, de Damas et de Amman, de Jérusalem ou encore du Caire et de Djibouti. Autant de réalités différentes et complexes, où leurs Églises, a souligné le Pape, «œuvrent dans des contextes souvent marqués par des tensions politiques, sociales et religieuses».
«Écouter, soutenir, consoler»
Reconnaissant le témoignage des chrétiens, à travers leur persévérance, le Souverain pontife a tenu à rappeler le rôle des Églises dans ces «contrées touchées par la violence»: «écouter, soutenir, consoler». C’est un appel fort que le Pape a lancé à la Conférence épiscopale latine des régions arabes, à montrer l’exemple qu’il est «possible de vivre, servir et espérer ensemble», au cœur même de leurs «sociétés marquées par les conflits et les divisions». Car même petite, la présence chrétienne est «précieuse» dans ce contexte, insiste Léon XIV. Le Pape l’a assuré aux évêques: «vous n’êtes pas seuls».
«N’ayez pas peur de votre petitesse. La fécondité de l’Église ne se mesure pas au nombre, aux structures ou aux ressources, mais à la fidélité à l’Évangile», a rassuré Léon XIV. «Une petite communauté, si elle est enracinée dans le Christ, peut être une présence précieuse: non pas parce qu’elle recherche le pouvoir, mais parce qu’elle sert; non pas parce qu’elle s’impose, mais parce qu’elle témoigne; non pas parce qu’elle répond à la violence par la violence, mais parce qu’elle oppose la charité à la force».
“N’ayez pas peur de votre petitesse. La fécondité de l’Église ne se mesure pas au nombre, aux structures ou aux ressources, mais à la fidélité à l’Évangile.”
«Lorsque les communautés s’affaiblissent et que de nombreuses familles sont contraintes d’émigrer, votre ministère devient encore plus nécessaire», a encore invité le Pape. «Soyez toujours des pasteurs proches de votre peuple, capables de partager ses blessures, d’écouter, de soutenir et de consoler, afin que, par votre présence, la proximité de Dieu puisse se manifester».
Une Église capable de servir est une Église qui prie
Il a exhorté en particulier les évêques latins, à prendre soin des familles et des jeunes, mais aussi des personnes migrantes, qui sont confrontées à la solitude et la précarité, notamment dans les pays du Golfe, a déploré le Saint-Père.
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«Au cœur de sociétés marquées par les conflits et les divisions, que vos communautés montrent qu’il est possible de vivre, de servir et d’espérer ensemble, a encore exhorté Léon XIV. À travers les paroisses, les écoles, les hôpitaux et les œuvres de charité, vous donnez corps à l’Évangile, en accueillant, en écoutant et en soutenant ceux qui sont dans le besoin». Au milieu des situations d’urgence, «ne perdez pas de vue l’essentiel de la mission de l’Église: l’annonce de l’Évangile, la prière, les sacrements et la formation chrétienne. Une Église capable de servir doit être avant tout une Église qui prie, qui écoute la Parole et qui vit des sacrements» a-t-il encore encouragé.
«La voix de la vérité, de la justice et de la paix»
Dans son adresse aux évêques latins, le Saint-Père a également insisté sur le dialogue interreligieux. Dans des régions arabes où se côtoient divers rites chrétiens, ainsi que les communautés musulmanes, cette diversité ne doit pas être frein, bien au contraire. Il faut «vivre son identité à travers le dialogue», a exhorté Léon XIV: c’est «une richesse à vivre dans l’unité».
Sans chercher à «résoudre tous les problèmes» ni chercher le succès, les évêques des régions arabes ont été invités par le Pape à être «la voix de la vérité, de la justice et de la paix; des hommes de prière, des pasteurs proches de votre peuple, des artisans de la réconciliation et des témoins de la miséricorde».
«Là où la guerre a semé la méfiance, chaque geste d’estime, de collaboration et de respect peut devenir un pas vers la réconciliation et la paix.». Le Pape l’a rappelé: «aucun geste accompli au nom du Christ n’est vain: une prière, une parole de consolation, une famille accompagnée, un enfant éduqué dans la foi, un pauvre accueilli sont autant de graines d’un avenir nouveau».
Le Pape a enfin confié à la Vierge Marie «ceux qui assument des responsabilités politiques et sociales, afin qu’ils sachent rechercher le bien commun et ouvrir des voies de réconciliation».