La guerre au Moyen-Orient fait les affaires des géants du négoce pétrolier basés en Suisse. Ces multinationales engrangent d’importants bénéfices, mais elles ne sont pas les seules à en profiter. La Confédération voit ses recettes fiscales s’envoler au point de revoir le budget 2027 à la hausse.
L’année 2026 s’annonce d’ores et déjà exceptionnelle pour les acteurs majeurs du secteur. En seulement six mois, le négociant Mercuria a dégagé un bénéfice net de 900 millions. De son côté, Trafigura affiche un résultat de 3,3 milliards de francs sur la même période. Quant à Gunvor, l’entreprise a engrangé en trois mois seulement des gains équivalents à la totalité de son exercice précédent.
Ces chiffres record font aussi les affaires de la Confédération par le biais de l’impôt fédéral direct (IFD) sur le bénéfice des sociétés. « Plus le bénéfice est haut, mieux c’est pour les caisses de la Confédération », explique dans le 19h30 Robert Bachmann, expert en matières premières.
Opacité des administrations
Combien la Confédération va-t-elle toucher grâce au conflit dans le détroit d’Ormuz? Contactée, l’Administration fédérale des contributions (AFC) refuse de se prononcer, expliquant qu’elle « ne sait pas de quel montant d’impôts le secteur s’acquitte en temps normal, aucune ventilation des recettes de l’impôt sur le bénéfice par branche économique n’étant disponible ».
Même constat du côté de l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui assure ne pas disposer de ces données, tandis que l’Etat de Genève, qui abrite le siège de la majorité de ces entreprises, renvoie la balle à l’administration fédérale.
La RTS a donc décidé de calculer les recettes fiscales directement liées au conflit, avec l’aide d’un avocat fiscaliste.
Des recettes fiscales inattendues
En Suisse, les entreprises de négoce sont soumises à un taux d’imposition cumulé de 14,7% sur leur bénéfice net (réparti entre 8,5% pour l’impôt fédéral, 3,33% pour le canton et environ 2,87% pour la commune).
Sur la base de ce calcul, au premier semestre 2026, la Confédération va donc toucher 132 millions de francs de la part de Mercuria, soit près du double de l’an dernier.Trafigura s’acquittera de 485 millions, trois fois plus qu’en 2025.
Ces rentrées fiscales imprévues pourraient changer la donne pour les finances publiques. Le Département fédéral des finances (DFF), qui prévoyait un déficit budgétaire, table désormais sur un surplus financier.
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Sujet TV: Charlotte Onfroy-Barrier
Adaptation web: lan