Ozempic, Wegovy, Mounjaro… Ces injections qui coupent la faim étaient réservées, il y a encore peu, aux stars d’Hollywood. Elles se démocratisent à toute vitesse. Pourtant, ces médicaments ne devraient être prescrits que sous conditions strictes.

« Ces médicaments ne sont pas là pour perdre juste quelques kilos pour enfiler un maillot de bain. Ce sont des médicaments qui sont là pour traiter une maladie chronique: l’obésité », souligne Dominique Dürrer, médecin spécialisée dans la prise en charge de l’obésité, et directrice médicale de deux centres spécialisés à Vevey et à Neuchâtel.

Pourtant, en Suisse romande, de plus en plus de personnes y ont recours, parfois sans remplir les critères médicaux nécessaires. Certaines obtiennent des prescriptions de médecins généralistes sans suivi adapté. D’autres commandent directement sur internet, avec des risques majeurs. « À Neuchâtel, une patiente a atterri aux soins intensifs après s’être injectée de l’insuline achetée en ligne ».

Pour que ces traitements soient remboursés par l’assurance, il faut présenter un indice de masse corporelle supérieur à 35, ou supérieur à 28 avec une comorbidité comme l’hypertension ou le diabète. Le remboursement nécessite également un suivi dans un centre multidisciplinaire, avec diététiciens, spécialistes de l’activité physique et psychologues ou psychiatres.

Une nouvelle forme de stigmatisation est apparue avec ces traitements GLP-1. De nombreuses personnes pensent que c’est beaucoup trop facile de perdre du poids avec ces médicaments. Et celles et ceux qui n’en prennent pas et qui vivent toujours avec l’obésité sont également stigmatisés.

Dominique Durrer, médecin spécialisée dans la prise en charge de l’obésité, présidente de l’association Eurobesitas.

Sans accompagnement multidisciplinaire, les conséquences sur la santé peuvent être lourdes. Il y a un risque de perte importante de masse musculaire, appelée sarcopénie. Le risque de reprise de poids à l’arrêt du traitement est réel, tout comme celui de développer des troubles du comportement alimentaire.

Ne plus avoir faim aux heures normales, gérer des changements corporels trop rapides, s’injecter en cachette, supporter les regards et les commentaires… Les témoignages intimes recueillis par Le Point J révèlent l’ampleur du phénomène, mais aussi le tabou qui l’entoure.

>> Ecouter l’épisode en entier : Ozempic, Wegovy: Pourquoi c’est si facile d’en obtenir ? / Le Point J / 20 min. / mercredi à 17:00

Juliane Roncoroni et l’équipe du Point J