Et maintenant, comment voyez-vous la suite ?
Je suis sûr que la passion va rester, celle des chevaux comme des concours. Je vais vivre une période un peu plus calme, mais ça va revenir et je pense que vous me reverrez encore pendant des années.

Et deux jours plus tard…

Steve, encore quelques questions sur cet historique dimanche 23 août. En début de seconde manche, quand vous avez vu ou entendu que Scott Brash et Abdel Saïd étaient éliminés, avez-vous eu une inquiétude, un doute sur le parcours ou pas ?
J’avoue que le triple n’avait pas une très belle tête, il était un peu inquiétant et ces images de chute, on n’aime pas les voir, j’ai donc tourné la tête. Ceci dit, Scott n’était pas bien entré, donc il fallait vraiment soigner l’abord de cette combinaison et ne pas faire d’erreur, mais je n’ai pas changé la décision prise lors de la reconnaissance du parcours. Le double fatal à Abdel, je ne l’ai pas vu, car la télé de la place d’entraînement s’était éteinte. Peter et Martin m’ont averti que ce double de droits faisait beaucoup de fautes et j’ai donc opté pour 9 foulées plutôt que 8 pour l’aborder soigneusement.

À qui ou à quoi avez-vous pensé quand vous avez franchi la ligne d’arrivée ou entamé votre tour d’honneur sous les ovations du public ?
C’est comme si une chape de plomb s’était envolée, beaucoup de légèreté dans l’air, et des images qui défilaient, beaucoup de pensées, de reconnaissance.

48 heures après, êtes-vous redescendu de votre nuage ?
Non, heureusement pas ! Un peu fatigué, mais heureux !

Et pour le Masters de Calgary, vous pensez emmener Venard de Cerisy et Albführen’s Iashin Sitte ?
Oui, c’est toujours le plan.

Et après cette série royale, un peu de repos et de recul ?
Là aussi, c’est le plan. Plutôt à la maison, pour monter des jeunes chevaux et un peu de vacances, avec les copains. J’aimerais être plus soft jusqu’à l’étape Coupe du monde d’Oslo, voire même jusqu’à Lyon.

La Coupe du monde reste tout de même un objectif ? Vous appréciez ce circuit et la finale sera à Göteborg, où vous avez triomphé deux fois en finale. Les organisateurs ont du reste fait une news pour demander votre présence !
Ah bon ? Oui, je tenterai ma chance sur le circuit Coupe du monde. Je laisserai Dynamix au repos plutôt jusqu’à Genève et je ne pense pas la mettre dans plus d’une qualificative Coupe du monde cet hiver, mais je n’exclus pas de la monter à la finale. Les organisateurs mériteraient d’avoir une telle jument au départ de leur finale. On verra en temps voulu entre elle et Iashin. 

L’idée, c’est de faire peu de concours avec Dynamix, mais le plus longtemps possible ?
Je rêve de pouvoir la monter aux JO de Los Angeles, elle aura 15 ans, elle est si exceptionnelle, mais je veux bien sûr la ménager d’ici là. Elle a fait très peu de concours ces deux dernières années, elle n’est qu’à peine au milieu de sa carrière si on regarde les kilomètres de compétition. 

Vous nous aviez presque fait peur en nous parlant de ce nouveau chapitre à venir, les grands événements vous font-ils toujours rêver ?
Oui, j’ai simplement bouclé une boucle, donc je dois voir comment je réagis ces prochains mois, par rapport à mon mental. Après les JO de Londres, il y avait quand même eu un vide, mais je pense que j’aurai la même envie et le même plaisir. Peut-être même plus de plaisir et un peu plus de liberté.

À Aix, vous aviez une physio à vos côtés pour soigner votre dos ?
Oui, je fais de la physio tous les jours quand je suis à la maison et je me disais que la semaine serait longue et éprouvante. Karin, qui travaille avec Goran, mon coach physique, a bien voulu venir une semaine. Evelyne (Niklaus, la directrice sportive de Swiss Equestrian) était prête à ce qu’elle œuvre quinze jours, pour toutes les disciplines, car on a toujours un ou une physio aux JO et aux Mondiaux, mais elle n’a pu se libérer qu’une semaine. Karin m’a bien aidé, tout en étant aussi à disposition de mes coéquipiers, des cavalières du para-dressage et des meneurs. Elle s’est aussi occupée de notre maréchal, Julien Houser.

À ce propos, Dynamix n’a pas déferré une seule fois de la semaine, n’est-ce pas ? Ça a aussi son importance ?
On a la chance d’avoir le meilleur maréchal du monde, ça aide et plusieurs cavaliers étrangers lui ont aussi demandé de l’aide. 

Propos recueilllis par Alban Poudret