Le vol du parachutiste professionnel Patrick von Känel autour des piliers du célèbre viaduc de la Landwasser, dans le canton des Grisons, et pendant le passage d’un train a suscité un grand intérêt sur les réseaux sociaux. Une opération effectuée dans des conditions de sécurité millimétrées.
Cette performance spectaculaire de Patrick von Känel a aussi été rendue possibles par les Chemins de fer rhétiques, qui ont accompagné le projet de Red Bull Suisse et coordonné sa réalisation avec les différents partenaires.
Sa porte-parole Yvonne Dünser revient au micro de RTR sur les enjeux de sécurité, le rôle joué par la compagnie ferroviaire et les coulisses d’une collaboration qui a largement dépassé le simple cadre promotionnel.
Maletg: instagram.com/patrick_vonkaenel
RTR: Qu’est-ce qui vous a motivés à collaborer avec Red Bull et quelles réflexions avez-vous dû mener avec votre partenaire avant de concrétiser ce projet?
Yvonne Dünser: La demande de Red Bull, à l’initiative du parachutiste professionnel Patrick von Känel, est parvenue aux Chemins de fer rhétiques l’année dernière. Après avoir donné un premier accord de principe, la compagnie a étudié la faisabilité du projet et analysé, avec Patrick von Känel et Red Bull, les questions de sécurité, tant pour le pilote que pour l’exploitation ferroviaire.
Un élément déterminant était que le vol en slalom ne devait pas s’effectuer au-dessus du viaduc ni des voies, mais autour de ses piliers. Le trafic ferroviaire n’était donc pas directement concerné. Un survol du viaduc de la Landwasser lorsque des trains circulent n’est en principe pas autorisé. Par ailleurs, le parachutiste devait respecter une distance minimale de 40 mètres, latéralement comme en hauteur, par rapport à la ligne électrique.
Les vols d’essai comme le vol final ont été étroitement coordonnés avec les Chemins de fer rhétiques. Plusieurs journées de tests ont été nécessaires, pour un total de vingt tentatives. Le vol principal a finalement eu lieu le 6 juillet.
Combien de personnes ont participé au projet?
Des collaborateurs du marketing, de la communication et de la sécurité des Chemins de fer rhétiques ont participé aux préparatifs. Lors des vols d’essai et lors du vol principal, une personne de la compagnie était à chaque fois présente afin d’assurer la coordination avec la surveillance de l’exploitation ferroviaire.
Quel rôle ou quelles responsabilités les Chemins de fer rhétiques ont-ils assumés dans cette collaboration?
Les Chemins de fer rhétiques ont réalisé l’analyse de sécurité pour l’exploitation ferroviaire, planifié les vols et coordonné les tests ainsi que le vol principal, afin que le vol et le passage d’un train aient pu avoir lieu simultanément. La circulation ferroviaire avait toutefois toujours la priorité: aucune modification d’exploitation n’a été effectuée en raison des vols, qui s’adaptaient à la circulation des trains.
N’avez-vous pas craint que cela puisse inciter d’autres parachutistes à effectuer des actions similaires?
La question des éventuels imitateurs a fait l’objet de discussions approfondies avant et pendant le projet. Le vol autour des piliers du viaduc, avec des virages de slalom extrêmement serrés, est très exigeant et ne peut être réalisé que par des parachutistes professionnels du niveau de Patrick von Känel. Dans le milieu du parachutisme, la difficulté d’une telle performance est clairement identifiable.
Selon l’expérience de Red Bull, ce type de projet entraîne par ailleurs très peu de tentatives d’imitation. Les athlètes qui y participent sont des sportifs d’élite, reconnus à l’échelle internationale pour leur expertise et leurs capacités hors normes.
>> Voir aussi le sujet de Couleurs d’été à bord des Chemins de fer rhétiques :
Découverte des Grisons à bord des chemins de fer rhétiques / Couleurs d’été / 3 min. / le 16 juin 2026
Dominik Hardegger (RTR) /ain