l’essentiel
Jean-Claude Volot, capitaine d’industrie atypique au sein de Dedienne Aerospace et collectionneur d’art expressionniste, évoque sa rencontre marquante avec le sculpteur lotois Marc Petit. Il lui consacre une conférence samedi 5 septembre à Cahors, en marge de la grande exposition présentée tout l’été.

Vous qui êtes ingénieur de formation et chef d’entreprise, comment l’art est-il entré dans votre vie ?

Je suis devenu entrepreneur en 1973, mais c’est assez vite que j’ai commencé à fréquenter des amis qui allaient aux expositions et aux ventes aux enchères. Je suis ingénieur de formation et totalement un autodidacte de l’art. Très vite, j’ai réalisé que ce qui me passionnait, c’était l’expressionnisme : la représentation du visage ou du corps. J’ai pris conscience de la profondeur historique de ce mouvement. C’est ce qui vient du plus profond de l’humain. J’ai continué à affiner mon œil à force de traîner dans les squats d’artistes, surtout en région parisienne dans les années 70-80. J’ai rencontré une foule d’artistes, et j’ai vraiment suivi cette sensibilité.

Marc Petit fait l'objet d'une grande exposition en plein air à travers la ville

Marc Petit fait l’objet d’une grande exposition en plein air à travers la ville
DDM – ELISA NAVARRO

Comment avez-vous découvert Marc Petit ?

C’était en 1998, au salon Mac 2000 à Paris. Rien ne me plaisait. En quittant les lieux, je vois un petit stand très simple tenu par un jeune homme. Les sculptures présentées m’accrochent immédiatement. Je lui ai dit : « Un travail aussi mature ne peut pas être de vous ! » Ça l’a beaucoup vexé ! Finalement je lui ai acheté une petite œuvre ; tout est déjà là en puissance. Je vais la montrer lors de la conférence à Cahors. Pour moi, c’est le début de tout.

« Il y a un premier choc, une sorte d’angoisse, puis son art est bouleversant »

 

Qu’est-ce qui vous touche particulièrement dans sa sculpture ?

Tout est émouvant chez lui. Il y a un premier choc, une sorte d’angoisse chez beaucoup de gens. Il suffit d’expliquer, discuter un peu, et on comprend que la noirceur n’est qu’apparente. Chez Marc, pas de violence ni de cynisme : il transmet l’intériorité, la douceur, quelque chose d’apaisant. C’est comme Frida Kahlo ou Schiele : effrayant de prime abord, bouleversant une fois qu’on dépasse cette première barrière.

Vous possédez l’une des plus grandes collections privées d’art expressionniste et vous avez créé le centre d’art contemporain de l’abbaye d’Auberive, en Haute-Marne, où vous vivez. Quelle place y tient Marc Petit ?

Une place particulière. Je possède une quarantaine de pièces de Marc. Huit grands formats sont exposés dans les jardins de l’abbaye. Et tous les dix ans, nous lui consacrons une rétrospective. C’est un gros bosseur, tout vient du travail, du talent, de cette exigence constante qu’il s’impose. Pour trouver une faille dans son œuvre, il faut se lever de bonne heure. Il n’est pas dans la tendance, loin de l’agitation de l’art contemporain « pouet-pouet » qui inonde parfois nos musées. Il est dans l’histoire de la sculpture.

Quelle relation entretenez-vous tous les deux ?

C’est devenu un ami. Mais je ne lui fais pas de cadeau : le meilleur service à rendre à un artiste, c’est de ne pas lui mentir ou le flatter. Marc a parfois eu envie de me jeter la truelle à la figure !

Samedi 5 septembre, conférence de Jean-Claude Volot, « Marc Petit dans l’histoire de la sculpture », samedi 5 septembre, à 17 h 30 à l’espace Clément-Marot. Réservation au 05.65.20.88.91.

Dimanche 6 septembre, rando-jeu à 10 h au jardin Sindou, allée des Soupirs, avec l’association Angelus-Trail. Tarif 5 €, gratuit pour les enfants. Pré-inscriptions à l’office de tourisme ou sur place dès 9 h.